Climat des affaires: l’épreuve de la concrétisation pour les investisseurs

Climat des affaires : un rapport américain souligne la nécessité de simplifier les démarches et de faciliter l’accès au foncier pour concrétiser les investissements.

Revue de presseSalué pour ses infrastructures de pointe, sa position géostratégique et la solidité de ses écosystèmes industriels, le Maroc séduit durablement les capitaux internationaux. Pourtant, à l’aube des grands rendez-vous de la décennie, un rapport du Département d’État américain met en lumière un défi crucial: l’obligation de fluidifier l’environnement opérationnel, de la simplification administrative à l’accès au foncier, pour transformer son attractivité en projets réellement concrétisés sur le terrain. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 04/10/2026 à 19h19

Le Maroc conserve de solides atouts pour séduire les capitaux étrangers, portés par des infrastructures de premier plan, des écosystèmes industriels performants et une position géostratégique privilégiée. «Toutefois, à l’heure où le pays se tourne vers de grandes échéances, le dernier rapport du Département d’État américain sur le climat des affaires met en lumière un déplacement net des défis, l’enjeu ne résidant plus dans l’attractivité théorique du territoire, mais bien dans la concrétisation opérationnelle des projets», indique le quotidien Les Inspirations Eco du 5 octobre.

Si les fondamentaux économiques du pays demeurent incontestables, les investisseurs se heurtent encore à des frictions très concrètes sur le terrain. Les lourdeurs administratives et les délais d’exécution continuent de peser lourdement dans la balance, malgré les efforts constants de digitalisation des services publics. Pour les opérateurs, la prévisibilité des procédures, la lisibilité des règles applicables et la sécurité juridique restent des critères déterminants. Dans ce paysage, le renforcement de la régulation et la structuration de la concurrence avancent pas à pas, même si la complexité de certaines applications réglementaires exige une vigilance accrue de la part des porteurs de projets.

Un autre point de friction majeur réside dans l’adéquation entre la formation et les besoins réels du marché de l’emploi. Malgré une population active jeune, le taux de chômage des jeunes de quinze à vingt-quatre ans atteint des niveaux élevés, tout comme celui des diplômés, tandis que de nombreux secteurs peinent à recruter les profils techniques et qualifiés qui leur font défaut. Ce paradoxe met en lumière un décalage persistant qui nécessite une adaptation continue des filières d’apprentissage. «Les entreprises doivent en outre composer avec un encadrement strict du recrutement de cadres étrangers et des règles du Code du travail régissant les relations professionnelles», souligne Les Inspirations Eco.

Les questions foncières et sectorielles exigent également une analyse minutieuse en amont de toute implantation. L’accès à la terre, notamment pour les investisseurs étrangers dans le secteur agricole, demeure encadré, tout comme la participation au capital dans des domaines d’activité stratégiques tels que le transport maritime, aérien ou la pêche. Ces barrières sectorielles rappellent que l’accès au marché marocain obéit à des règles spécifiques qu’il convient d’intégrer dès la phase d’évaluation stratégique.

Face à ces obstacles opérationnels, le Maroc déploie des contre-feux d’envergure, au premier rang desquels figure la Nouvelle Charte de l’investissement. Ce texte ambitionne de porter la contribution du secteur privé aux deux tiers de l’investissement total à l’horizon 2035, en s’appuyant sur des mécanismes incitatifs ciblés, qu’il s’agisse de primes territoriales, sectorielles ou liées à l’emploi. «L’accompagnement public peut ainsi intervenir sur le foncier, les infrastructures et la formation, sous la houlette d’institutions dédiées telles que l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations et les Centres régionaux d’investissement, renforcés par la Commission nationale de l’investissement pour les grands dossiers», note le quotidien.

Ces dispositifs viennent consolider un socle d’atouts déjà profondément ancrés. La proximité immédiate des marchés européens et africains, combinée à un réseau dense d’accords de libre-échange, fait du pays un hub exportateur incontournable. Les succès enregistrés dans l’automobile, l’aéronautique, le textile ou l’agro-industrie témoignent de cette montée en puissance industrielle, aujourd’hui enrichie par les ambitions nationales dans les énergies renouvelables, l’hydrogène vert et les technologies d’externalisation. Les zones d’accélération industrielle et la place financière de Casablanca Finance City parachèvent cet écosystème, adossé à un système bancaire robuste et à une monnaie encadrée par une bande de fluctuation maîtrisée.

Par La Rédaction
Le 04/10/2026 à 19h19