Boston Consulting Group: les freins sociaux à lever pour l’émancipation économique des femmes au Maroc

Femmes entrepreneures.

Dans son dernier rapport sur la participation économique des femmes en Afrique, le cabinet international de conseil en stratégie, Boston Consulting Group indique que les perceptions sociales entravent l’émancipation économique des femmes au Maroc. Un obstacle qui constitue un important manque à gagner pour l’économie marocaine.

Le 20/06/2023 à 15h43

Les croyances sociales demeurent un frein majeur à l’émancipation économique des femmes au Maroc. C’est ce que révèle Boston Consulting Group dans son dernier rapport intitulé: «Recadrer le récit sur les rôles des femmes dans les sociétés africaines». Cette enquête, réalisée auprès de 6.000 femmes et hommes au Maroc, en Afrique du Sud, en Egypte, en Ethiopie, au Kenya et au Nigeria, met en exergue les perceptions qui entravent la participation économique des femmes en Afrique. D’après le cabinet international de conseil en stratégie, le choix de ces cinq pays n’est pas anodin, puisqu’ils représentent 60% du PIB en Afrique.

L’étude révèle qu’environ la moitié des personnes interrogées au Maroc et en Egypte, hommes et femmes confondus, ont déclaré que «les femmes ne devraient pas travailler si le mari ou le père gagne suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins du ménage. A contrario, seuls 12% des femmes et 15% des hommes en Afrique subsaharienne sont de cet avis.»

Près de 90% des hommes sondés pensent que les femmes devraient aller à l’école pour être instruites et respectées, et non pour être financièrement indépendantes, tandis que pour 39% des femmes, l’éducation supérieure est plus importante pour les hommes que pour les femmes. A en croire l’une des sondée résidente à Casablanca, « le modèle de réussite pour une femme marocaine est d’être une femme dont les enfants (mâles) réussissent.»

Selon les quatre auteurs de l’étude, Rabat et le Caire ont certes beaucoup investi pour améliorer considérablement l’accès à l’enseignement primaire et secondaire aux filles au cours des vingt dernières années, pourtant, «les femmes demeurent largement en dehors du marché du travail» en raison de ces croyances profondément ancrées. Un important manque à gagner pour leurs économies, particulièrement pour le Maroc où une participation paritaire des femmes pourrait générer jusqu’à 40% du PIB, selon la Banque mondiale.

L’insécurité dans l’espace public

BCG rappelle d’ailleurs que le Maroc, classé 139ème sur 146 pays dans le Gender Gap Report 2022 publié par le World Economic Forum (WEF), enregistre le 8ème plus faible taux de participation des femmes à l’économie dans le monde, estimé à 20%. «Les femmes doivent être valorisées en tant qu’agents économiques, capables de gérer de la valeur pour leurs entreprises, communautés et pays, au-delà de leurs rôles d’éducatrices et de mères», recommande-t-il.

Le rapport a également pointé les violences et l’insécurité dont sont victimes les femmes en Afrique du Nord. D’après ce document de dix-sept pages, l’insécurité dans l’espace public est la deuxième plus grande difficulté relevée par les femmes de la région après l’accès à l’emploi. En effet, «36% des femmes au Maroc et 33% en Egypte disent que la sécurité dans les endroits publics est le principal défi auquel elles sont confrontés».

Globalement, BCG estime que si l’Afrique a pu réduire les inégalités entre les hommes et les femmes plus rapidement que n’importe quelle autre région du monde entre 2010 et 2016, cette cadence s’est ralentie à partir de 2016, sous l’effet de la crise des matières premières, suivie d’une récession mondiale et l’avènement du Covid-19. «Si la participation économique des femmes africaines retrouvait le rythme observé entre 2010 et 2016, le continent pourrait venir à bout des disparités hommes-femmes 60 ans plus tôt que le laisse présager le rythme actuel », indique Zineb Sqalli, Managing director & partner du BCG à Casablanca, une des auteurs du rapport.

Mettre en lumière les success-stories

Le cabinet invite les Etats à mettre en place une législation qui fixe les quotas de représentation des femmes, notamment dans le secteur privé, et à initier des actions sensibilisation pour changer le narratif sur le rôle des femmes dans la société.

Selon l’établissement, «la plupart des investissements nationaux et aides internationales en faveur de l’émancipation des femmes en Afrique ciblent les besoins en infrastructures dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’emploi ». Mais, «s’il est indéniable que ces leviers sont effectivement important, les actions volontaristes visant à faire évoluer les normes sociales et le rôle des femmes au sein de la société sont également capitales, et souvent peu investies».

Pour favoriser l’émancipation économique des femmes, l’étude suggère également de mettre en lumière les cas de réussite de femmes d’affaires dans les médias et sur les réseaux sociaux, en dévoilant leur impact sur le développement de leurs entreprises, ainsi que leurs contributions à la croissance économique de leurs pays.



Par Elimane Sembène
Le 20/06/2023 à 15h43

Bienvenue dans l’espace commentaire

Nous souhaitons un espace de débat, d’échange et de dialogue. Afin d'améliorer la qualité des échanges sous nos articles, ainsi que votre expérience de contribution, nous vous invitons à consulter nos règles d’utilisation.

Lire notre charte

VOS RÉACTIONS

N/ Sinon je pense que vous savez lire. Je ne m'appel pas "Djamel" comme les français , encore une fois et oui car c'est vraiment agaçant, ont l'habitude d'épeler ce prénom. Ca s'écrit Jamal et se prononce Jamal. C'est si difficile à comprendre? A croire que vous le faites exprès. En tout cas, ça en dis sur vous. A bon entendeur!

N/ Vous vous avancez un peu vite en besogne et même en préjugés. Sachez que je suis pour le droit des femmes marocaines à travailler et pour une stricte égalité salariale à compétences égales. Et merci madame, je sais très bien que le BCG est d'origine US . Vous n'avez pas compris visiblement que c'est l'ingérence occidentale systématique dans nos affaires internes que je critique. Vos critiques acerbes , allez donc les adresser à Macky Sall qui a compris ce qui se cache derrière cette ingérence permanente. Je ne vous ai jamais critiqué ni insulté sur vos prises de position. Vous ne me connaissez pas et je ne vous connais pas. Si ne vous supportez pas les avis des autres , cela en dis long sur votre conception du débat. Avancez des arguments objectifs plutôt que des attaques ad hominem.

Le BCG est un cabinet de stratégie. Il sort complétement de son domaine en s'ingérant dans des considérations sociétales. Les marocains n'ont pas besoin de leur leçons. Pour preuve, le nombre de marocaines en école d'ingénieur est largement supérieur à la France donneuse de leçons. Entre parenthèse, pourquoi personne ne met en lumière le lien entre le vieillissement catastrophique des populations occidentales et leur politique ultra féministes ?

Djamel,et pour votre information Le Boston Consulting Group (BCG) est un cabinet international de conseil en stratégie.Qui à été créé à Boston en 1963 par Bruce Henderso.Boston est une ville qui se situe aux USA .Alors votre obsession de la France aussi n’a rien à voir avec ça.Car ce groupe a des bureaux dans le monde entier !.En vous battant contre les droits fondamentaux et constitutionnels des femmes marocaines ,vous battez contre le vent !.On dirait le parti du PJD !.lol

Djamel,décidément vous êtes complètement obsédé par la répression de la condition des femmes au Maroc !.Vous voulez que les femmes marocaines continuent à être considérées comme au Moyen Âge par les hommes comme vous !.Sauf que le seul moyen de faire rentrer le Maroc dans le top 5 des pays les plus riches d’Afrique c’est de faire travailler les femmes !.Car ,elles représentent une magne financière dont le Maroc ne peut plus se passer !.N’en déplaise aux passéistes comme vous le Maroc évolue et les droits des femmes font de même !.Comme ce fût déjà le cas dans la constitution de 2011 !.Quoi que fassiez vous ne pourrez rien faire contrer cette évolution !.

0/800