Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur à 2,25% malgré les tensions géopolitiques

Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib.

Revue de presseRéuni ce mardi 23 juin, le conseil de la banque centrale a opté pour le statu quo monétaire. Malgré les perturbations mondiales liées au conflit au Moyen-Orient et une hausse attendue de l’inflation à 1,5 % en 2026, l’institution reste confiante quant à la stabilité des prix à moyen terme et table sur une croissance économique robuste de 5,2 % pour l’année en cours, portée par une excellente campagne agricole. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 23/06/2026 à 19h33

Bank Al-Maghrib a choisi la carte de la stabilité. À l’issue de la réunion de son conseil, ce mardi 23 juin, la banque centrale marocaine a décidé de maintenir son taux directeur à 2,25%. L’institution estime que l’accélération attendue de l’inflation reste en ligne avec son objectif de stabilité des prix à moyen terme. «Selon ses projections, l’inflation moyenne devrait s’établir à 1,5% en 2026 avant de grimper à 2,1% en 2027, une nette progression par rapport aux 0,8% enregistrés en moyenne ces deux dernières années», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du mercredi 24 juin.

Cette poussée inflationniste s’inscrit dans un contexte international sous tension, fortement impacté par le conflit au Moyen-Orient. Ce dernier perturbe les marchés de l’énergie ainsi que les chaînes d’approvisionnement mondiales, comme en témoigne la flambée de 27,6% des prix des carburants en glissement annuel au mois de mai. Si cette hausse et l’inflation importée s’apprêtent à se répercuter sur les prix intérieurs, la banque centrale nuance le constat en précisant qu’aucune tension généralisée liée à la demande locale n’est à déplorer.

Du côté de l’inflation sous-jacente, l’évolution s’annonce contrastée. Elle devrait d’abord stagner à 0,2% en 2026, portée à la baisse par la composante alimentaire et notamment par le repli des cours de l’huile d’olive. Cependant, la dissipation de ce facteur exceptionnel et le poids de l’inflation importée devraient la faire rebondir à 2,9% en 2027. Les experts du secteur financier maintiennent, pour leur part, des prévisions stables, autour de 2,2% à moyen terme.

Le marché pétrolier reste au cœur des préoccupations. Le cours moyen du Brent est attendu à 92,3 dollars le baril en 2026, contre 68,1 dollars en 2025, avant de refluer à 71,6 dollars en 2027. La banque centrale note toutefois qu’un protocole d’accord récent entre les États-Unis et l’Iran pourrait amorcer une normalisation du transport maritime, même si les cicatrices du conflit continueront de peser à court terme sur l’économie globale, écrit L’Economiste.

Malgré ces vents contraires, les perspectives de croissance économique du Royaume restent solides. Le secteur agricole se porte particulièrement bien : après un bond de 8,2% en 2025, la valeur ajoutée du secteur devrait s’envoler de 16% cette année, portée par une récolte céréalière projetée à 90 millions de quintaux. Parallèlement, le PIB non agricole devrait maintenir une dynamique constante, avec une progression moyenne de 4,2% sur la période 2026-2027.

Au final, la croissance nationale devrait accélérer pour atteindre 5,2% en 2026, après s’être établie à 4,9% en 2025. Cette accélération sera toutefois de courte durée, puisqu’un ralentissement à 3,1% est anticipé pour 2027, sous l’effet d’une baisse mécanique de 7,6% de la valeur ajoutée agricole dans l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne.

Par La Rédaction
Le 23/06/2026 à 19h33