Autoroute de l’eau: comment la qualité des eaux transférées vers Rabat et Casablanca est-elle contrôlée?

L'infrastructure de l'autoroute de l'eau, s'étendant sur 67 kilomètres, permet le transfert des eaux du Sebou vers le Bouregreg. (Y.Jaoual/Le360)

Dans le cadre de la lutte contre le stress hydrique structurel, le Maroc a lancé le 28 août 2023 l’interconnexion entre les bassins du Sebou et du Bouregreg. Ce projet de 67 km, qui tourne désormais à plein régime, fait l’objet d’une surveillance millimétrée de l’amont à l’aval. De la traque des pollutions aux analyses bactériologiques, focus sur les protocoles sanitaires encadrant ce transfert d’eau.

Le 12/04/2026 à 13h36

Trois ans après sa mise en service, l’interconnexion Sebou-Bouregreg assure la continuité de l’approvisionnement en eau potable de l’axe Rabat-Casablanca. Lancé en 2023 pour faire face au stress hydrique structurel, ce projet de «l’autoroute de l’eau», finalisé techniquement dès décembre 2022, fonctionne désormais de manière permanente.

Cette infrastructure de 67 kilomètres permet de transférer vers le barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah les excédents du bassin du Sebou qui s’écoulaient auparavant vers l’Atlantique — un volume estimé à 340 millions de mètres cubes en 2023. Ce dispositif sécurise aujourd’hui les besoins de 12 millions d’habitants des régions de Rabat-Salé et Casablanca-Settat, tout en réduisant la pression sur le barrage Al Massira.

Depuis son démarrage le 28 août 2023, l’ouvrage a fait preuve d’une efficacité remarquable. Initialement calibré pour un transfert annuel de 400 millions de mètres cubes, le système a rapidement monté en puissance pour atteindre un débit de 15 m³/s. Résultat: en à peine un an, plus de 560 millions de mètres cubes ont été acheminés vers les zones urbaines. Cette performance technique offre aujourd’hui une bouffée d’oxygène aux régions de la capitale et de la métropole économique, dont les ressources étaient sous haute pression.

La surveillance de la qualité est le point névralgique de l’opération. Sur tout le parcours, la vigilance est constante. La qualité de l’eau ne fait l’objet d’aucun compromis. Des analyses quotidiennes sont effectuées dès le point de départ dans le bassin du Sebou pour détecter la moindre anomalie. Un modèle informatique suit le parcours de l’eau en temps réel pour repérer d’éventuels points noirs ou sources de pollution avant qu’ils ne posent problème.

Une fois l’eau arrivée dans le bassin du Bouregreg, une seconde phase de contrôle commence. L’Agence du Bassin Hydraulique du Bouregreg et de la Chaouia a mis en place un dispositif de suivi rigoureux pour garantir la potabilité des ressources.

Ce système s’appuie sur sept points de contrôle stratégiques, dont six au niveau du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah et un point dédié à l’arrivée des eaux du Sebou. Pour être certains de la pureté de la ressource, ils effectuent des prélèvements à trois profondeurs différentes: en surface, au milieu et tout au fond du barrage. Cette méthode permet de vérifier que l’eau reste saine, peu importe les mouvements ou la température des couches du réservoir.

Toutes ces analyses (physiques, chimiques et bactériologiques) visent à traquer la moindre trace de pollution ou de métaux lourds. Les résultats actuels confirment que l’eau transférée appartient à la catégorie A1. C’est le grade le plus élevé pour des eaux de surface, ce qui prouve qu’elle est parfaitement apte à être transformée en eau potable pour les foyers marocains.

Par Youssra Jaoual
Le 12/04/2026 à 13h36