Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la Logistique, a indiqué dans un entretien exclusif avec Le360 que le soutien public récemment fixé à 648 millions de dirhams bénéficiera aux propriétaires de 216.000 véhicules relevant du transport professionnel. Au 7 avril, près de 100.000 demandes, portant sur environ 178.000 véhicules, avaient déjà été déposées pour bénéficier de cette aide directe, mise en place afin d’atténuer l’impact de la hausse des prix des carburants sur les coûts d’exploitation du secteur.
Selon le ministre, ce dispositif concerne plusieurs segments du transport routier: transport de marchandises, taxis de première et deuxième catégories, transport urbain et interurbain par autobus, ainsi que le transport touristique. L’aide s’étend également au transport mixte en milieu rural, au transport du personnel, aux services de dépannage et au transport scolaire. Le ministère s’appuie sur la classification des véhicules enregistrés dans les bases de données administratives pour déterminer les bénéficiaires. Le renouvellement de cette aide reste conditionné par l’évolution du contexte économique et aux arbitrages budgétaires de l’État.
Dans cet entretien, Abdessamad Kayouh a également évoqué la 5ème session du congrès de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), que le Maroc s’apprête à accueillir le 13 avril à Marrakech. Selon lui, la désignation du Royaume résulte d’un processus compétitif ayant opposé plusieurs candidatures. «Lors de la précédente édition aux Émirats, de nombreux pays étaient en lice. Le choix s’est finalement porté sur le Maroc parmi près de 90 candidatures. Le Royaume a également présenté sa candidature en tant que membre permanent de l’OACI», a-t-il précisé.
Le ministre attribue ce choix aux progrès réalisés par le Maroc en matière de sécurité aérienne. «Nous sommes passés d’un taux de conformité de 67% à près de 87% dans le domaine de la sécurité de l’aviation civile», a-t-il indiqué. La rencontre de Marrakech devrait réunir environ 1.500 participants, dont une cinquantaine de ministres, ainsi que des experts, industriels, constructeurs aéronautiques et opérateurs économiques.
Les discussions porteront notamment sur la transition énergétique du transport aérien et les alternatives au kérosène, dans une perspective de décarbonation progressive du secteur. Le ministre a souligné l’intérêt du Maroc pour les carburants d’aviation durables, évoquant notamment l’hydrogène vert et l’ammoniac vert.
Abdessamad Kayouh a également rappelé la forte croissance du trafic aérien mondial, qui a atteint environ 4,5 milliards de passagers en 2024 et pourrait atteindre 12 milliards à l’horizon 2050. Dans ce contexte, il a mis en avant la stratégie aéroportuaire nationale. «Grâce à la politique aéroports 2030, impulsée par le Souverain, la capacité d’accueil du Maroc passera de 40 millions de passagers actuellement à 80 millions à l’horizon 2030», a-t-il déclaré. Le Royaume ambitionne ainsi de se positionner comme plateforme africaine et hub international reliant l’Afrique, l’Europe et les Amériques.
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Pour accompagner cette dynamique, Royal Air Maroc met en œuvre, en partenariat avec l’État, sa feuille de route visant à porter progressivement sa flotte à environ 200 appareils. En juillet 2023, la compagnie nationale avait signé un contrat-programme avec l’État prévoyant un quadruplement de la flotte à l’horizon 2037. Dans ce cadre, un appel d’offres portant sur 188 avions a été lancé, dont les résultats sont attendus prochainement.
La compagnie envisage l’acquisition d’une vingtaine de Boeing 787 Dreamliner pour le long-courrier, jusqu’à 50 Boeing 737 pour le court et moyen-courrier, ainsi qu’une vingtaine d’Airbus A220 destinés au réseau régional. Ces appareils permettront de soutenir l’expansion du réseau international, avec notamment l’ouverture prochaine de la liaison Casablanca–Los Angeles, ainsi que le développement de nouvelles destinations vers le Japon et le Chili. L’objectif affiché est d’accompagner la montée en puissance du transport aérien national, notamment à l’approche des grands rendez-vous internationaux, dont la Coupe du monde 2030.




