Musée National de la Parure: Zhor Raïs expose des caftans inspirés des sculptures de Salvador Dali

La collection de caftans de Zhor Raïs tient au Musée National de la Parure à la Casbah des Oudayas de Rabat (Y.Mannan/Le360).

Le 09/01/2026 à 15h30

VidéoAu croisement du patrimoine et de l’avant-garde, le Musée National de la Parure accueille une exposition singulière où le caftan marocain devient langage artistique. À travers «Dalí Diali, l’étoffe du rêve», Zhor Raïs tisse un dialogue inédit entre l’héritage vestimentaire du Royaume et l’imaginaire surréaliste de Salvador Dalí, célébrant à la fois la mémoire des savoir-faire, la puissance du rêve et le rayonnement culturel du Maroc.

Depuis le 8 janvier, le Musée National de la Parure accueille une collection d’exception signée par la styliste marocaine Zhor Raïs, née d’une rencontre féconde avec l’univers de Salvador Dalí, figure tutélaire du surréalisme et l’un des artistes majeurs du 20ème siècle. Intitulée «Dalí Diali, L’étoffe du rêve», l’exposition se déploie jusqu’à la fin du mois et propose un dialogue rare et audacieux entre la haute tradition du caftan marocain et les langages de l’art moderne.

Pensée comme une traversée esthétique, la collection met en résonance la noblesse du vêtement patrimonial avec l’imaginaire dalinien. Une rencontre des arts que Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées, n’a pas caché admirer. Séduit par la finesse de la collection, il a salué une création où le caftan, emblème d’un héritage vivant, s’élève au rang de langage esthétique universel. Dans le même souffle, il a rappelé l’élan culturel que connaît le Royaume: à l’occasion de la CAN 2025, les musées marocains ont accueilli un afflux notable de visiteurs étrangers, révélateur d’un rayonnement qui s’affirme bien au-delà des terrains.

Selon un communiqué officiel, Zhor Raïs contribue, à travers ce projet, à porter le caftan — art ancestral par excellence — bien au-delà des frontières. Conçue comme une célébration de quarante années de création, cette collection s’inscrit dans une démarche à la fois intime et visionnaire, où la mémoire du geste artisanal dialogue avec l’audace de la création contemporaine.

S’inspirant des sculptures issues de la prestigieuse collection «Dalí Universel», la créatrice propose une véritable narration textile. «Les thèmes chers à Dalí y sont explorés avec subtilité — le temps élastique, la métamorphose, le rêve, la légèreté, le mouvement et la mémoire. Ici, les tissus parlent, les matières deviennent langage et chaque silhouette semble suspendue entre le réel et l’onirisme», confie-t-elle. Douze sculptures ont ainsi trouvé leur écho dans douze caftans inédits, conçus spécialement pour cette exposition singulière, où le vêtement se fait œuvre d’art et l’œuvre, étoffe du rêve.

Au-delà de l’expérimentation esthétique, ce travail rend un hommage appuyé à la créativité marocaine et aux maîtres artisans qui perpétuent, de génération en génération, un savoir-faire d’exception. Une dimension patrimoniale d’autant plus forte que le caftan marocain vient d’être officiellement inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, consacrant sa valeur universelle.

Cette reconnaissance internationale, conclut le communiqué, salue les efforts constants du Maroc, portés par la vision éclairée de Mohammed VI, dont l’engagement en faveur de la préservation, de la valorisation et de la transmission de l’héritage millénaire du Royaume a permis d’affirmer, avec fierté, la force et la singularité de l’identité marocaine.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mennan
Le 09/01/2026 à 15h30