Institut du monde arabe: l’architecte marocaine Salima Naji remporte le Grand Prix du design 2026

Salima Naji, architecte.

L’architecte marocaine Salima Naji a remporté le Grand Prix du design de l’Institut du monde arabe, décerné le mercredi 9 septembre à Paris, pour son Centre d’interprétation du patrimoine de Tiznit, un projet en terre crue réalisé au sein des remparts historiques de la ville.

Le 10/09/2026 à 14h02

L’architecte marocaine Salima Naji a remporté le Grand Prix du design de l’Institut du monde arabe, décerné le mercredi 9 septembre à Paris, pour son Centre d’interprétation du patrimoine de Tiznit, un projet en terre crue réalisé au sein des remparts historiques de la ville.

Elle voit dans cette distinction la reconnaissance de vingt ans d’engagement pour la sauvegarde du patrimoine architectural marocain. Vingt-six projets étaient en lice pour cette quatrième édition du concours, dont l’exposition des finalistes reste ouverte au public jusqu’au 20 septembre au siège de l’IMA.

Son projet a été réalisé en terre crue au sein des remparts historiques de la ville. Il illustre l’engagement de longue date de l’architecte en faveur de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine architectural marocain.

La cérémonie de remise des prix s’est tenue le mercredi 9 septembre à Paris, en présence de la présidente de l’IMA Anne-Claire Legendre. Dans une déclaration relayée par l’agence MAP, Salima Naji s’est dite «très émue» de recevoir ce prix prestigieux, qui «récompense 20 ans d’efforts». Elle y voit particulièrement une reconnaissance de son travail sur «la question de l’héritage tourné vers l’avenir».

Le projet primé est à ses yeux une source de fierté. Elle a expliqué: «Il a su réunir toutes sortes de façons de construire et de travailler les matériaux (bois, tataoui, pierre, terre), ce qui est extraordinaire, parce que c’est aussi une sorte de fragments d’architecture et de création, réunis en un seul lieu, qui rend hommage aux artisans

Le jury a salué de son côté un projet qui «réactive les matériaux locaux et les techniques ancestrales à travers une architecture contemporaine». Il a ajouté : «À un moment où l’architecture cherche souvent l’innovation à travers la nouveauté, le projet nous rappelle que l’innovation peut aussi venir d’une compréhension de ce qui est déjà là, en lui donnant un avenir.»

Installée à Tiznit depuis 2008, Salima Naji a fait ses études d’architecture à Paris. Elle y a également décroché un doctorat en anthropologie sociale. Elle a ensuite suivi une formation de troisième cycle en esthétique, arts et technologies de l’image, puis en philosophie de l’art.

Elle est l’auteur de plusieurs livres, dont Architecture du bien commun, pour une éthique de la conservation. Elle a aussi reçu de nombreux prix nationaux et internationaux d’architecture, dont la Grande Médaille d’or de l’Académie d’architecture française.

Les projets finalistes font l’objet d’une exposition ouverte au public. Parmi eux figurent ceux de quatre autres créateurs marocains. L’exposition se poursuit jusqu’au 20 septembre au siège de l’IMA à Paris.

Créé par l’Institut du monde arabe, le Prix du design distingue des réalisations innovantes dans les domaines du design, de l’architecture et de l’artisanat. Il valorise aussi les savoir-faire et les identités culturelles du monde arabe.

Par La Rédaction
Le 10/09/2026 à 14h02