La Villa Ficke, un bâtiment emblématique du quartier Mers Sultan à Casablanca, a été transformée en un musée dédié à la mémoire de la ville. Ce nouveau musée ouvrira ses portes au public le jeudi 27 février. Restauré avec soin, il a pour vocation de préserver l’histoire et le patrimoine artistique de Casablanca.
Construite au début du 20ème siècle pour le commerçant allemand Carl Ficke, ce bâtiment de style néo-mauresque témoigne des innovations architecturales de l’époque, mêlant habilement des éléments européens et marocains. Son architecture audacieuse, avec ses arcades élégantes, ses zelliges colorés et son jardin luxuriant, marque une étape importante dans le développement de Casablanca en tant que métropole moderne.
Au fil des décennies, la villa a rempli diverses fonctions, passant de résidence bourgeoise à un centre de détention pendant le protectorat français, puis à une maison d’enfants et annexe du collège Khnata Bent Bekkar. Aujourd’hui, la Villa Carl Ficke ouvre un nouveau chapitre de son histoire en devenant un lieu de découverte et de partage, ouvert à tous, qui abrite désormais des expositions artistiques et des événements culturels.
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À cette occasion, le musée mettra à l’honneur Ikram Kabbaj, sculptrice marocaine de renom qui n’est plus à présenter et dont les œuvres en pierre et en marbre dialogueront avec l’architecture et les espaces extérieurs du musée.
Ikram Kabbaj: la sculpture comme langage universel
Née en 1960 à Casablanca, Ikram Kabbaj est une figure incontournable de la sculpture marocaine. Formée à l’École des Beaux-Arts de Casablanca, puis à l’École des Beaux-Arts de Paris, elle s’est spécialisée dans l’exploration des matériaux, notamment la pierre et le marbre, qu’elle façonne avec une maîtrise et une sensibilité remarquables.
Son travail, à la fois puissant et subtil, oscille entre des formes monumentales et des courbes épurées, captant l’essence de la matière brute. Loin d’être figées, ses sculptures semblent en perpétuelle métamorphose, offrant au spectateur une expérience immersive et introspective. Cette exposition inaugurale constitue une opportunité unique de découvrir son univers artistique.
Engagée dans la promotion de la sculpture dans les espaces publics marocains, Ikram Kabbaj œuvre depuis plusieurs décennies pour une meilleure reconnaissance de cet art, souvent marginalisé dans le paysage artistique national. Sa présence au sein du musée de la mémoire de Casablanca s’inscrit ainsi dans une volonté de réhabiliter la sculpture comme un élément essentiel du dialogue entre l’histoire, l’urbanisme et l’art contemporain.
Un parcours muséal immersif
Le musée de la mémoire de Casablanca invite à un voyage à travers l’histoire et l’urbanisme de la ville. Le parcours est organisé en plusieurs salles thématiques, chacune mettant en lumière une facette de l’évolution de Casablanca à travers les âges. Les visiteurs pourront explorer l’histoire générale de Casablanca, l’espace Villa Carl Ficke, Casablanca en tant que laboratoire architectural du XXe siècle, l’héritage artistique de la ville et l’École de Casablanca.
Ce parcours immersif permet aux visiteurs de mieux comprendre l’histoire et l’identité de Casablanca, en s’appuyant sur des documents d’archives, des objets patrimoniaux, des œuvres d’art et des dispositifs interactifs pour enrichir l’expérience muséale.
L’ouverture du musée traduit une volonté forte de positionner la ville comme un centre culturel incontournable. Porté par un partenariat entre la Fondation nationale des musées, le ministère de la Culture, la Commune de Casablanca et plusieurs autres institutions, ce projet ambitionne de devenir un lieu de référence pour la découverte et la transmission du patrimoine casablancais.
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