Un rapport épingle le Maroc sur les droits des femmes

Un rapport de lADFM accable le Maroc sur le droit des femmes. 
Un rapport de lADFM accable le Maroc sur le droit des femmes.  . DR

Revue de presseKiosque360. Les droits de la femme constituent un principe universel qui n’est pas forcément respecté au Maroc. Un rapport reproche en effet au royaume de ne pas appliquer la Déclaration du programme d’action de Beijing +20 qui prévoit l'améliorations de la condition féminine.

Le 26/02/2015 à 06h30

La Femme est-elle l’égale de l’Homme dans notre pays? La réponse serait plutôt négative si l’on se réfère au rapport de l’association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) qui a présenté ce mercredi, à Rabat, une enquête parallèle de plusieurs associations marocaines sur la mise en œuvre de la Déclaration du programme d’action de Beijing+20. Le quotidien Libération, dans son édition du jeudi 26, a choisi de mette en Une ce rapport mettant à mal la politique marocaine dans le domaine des droits des femmes.Ce rapport s’inscrit dans le cadre de la célébration par la communauté internationale du vingtième anniversaire de l’adoption de la déclaration du programme d’action de Beijing qui engage le pays signataire à produire des avancées pour les femmes. Dans ce rapport, on s’aperçoit, selon le journal francophone, que les avancées dans ce domaine n'affichent aucune amélioration notable et que la situation reste préoccupante à plusieurs niveaux. «Le gouvernement n’affiche aucune volonté de consacrer la suprématie des conventions internationales et l’exécution de nombreux chantiers de réformes reste lente» indique le rapport. Ainsi, 62,8% des femmes sont victimes de violences dont 55% se produisent dans le cadre conjugal, relève une étude de 2009. Les ONG combattant ce fléau ne peuvent endiguer, à elles seules, ce phénomène inquiétant. Elles enregistrent en effet des problèmes de personnel et de matériel. Toujours est-il qu'lles dénoncent et luttent comme elles peuvent contre la lenteur de la révision du projet de loi sur les violences faites aux femmes et une situation jugée archaïque en rapport aux normes internationales. Pour exemple: le Code du travail, qui ne couvre pas certains secteurs d’activités presque exclusivement féminin comme le service domestique, le travail agricole non salarié ou encore l’achat d’un terrain.Dans le domaine politique, 17% des députés sont des femmes et seulement sept d’entre elles peuvent influer sur le fonctionnement du Parlement, selon le rapport. Elles représentent 12,8% des membres du gouvernement en 2014 alors qu’elles occupaient 21,2 % des postes en 2007. Dans le public, 1/3 des fonctionnaires sont des femmes dont 12% occupent des postes de direction.Le rapport s’attaque également au Code de la famille qui autorise, par exemple, les mariages des mineures, qui ont doublé en 10 ans (18.341 en 2004, 35.152 en 2013), mais aussi la polygamie et le mariage avec des non musulmans. Les médias ne sont pas oubliés, où les femmes sont cantonnées aux émissions de cuisine, de beauté…Une large partie du rapport est surtout consacrée à la violation des droits des enfants. Le rapport cite ainsi l’enquête nationale sur l’emploi en 2012, enquête qui dénonce le travail de 92.000 enfants âgés de 7 à 15 ans. Un chiffre bien trop important, selon le rapport de l’ADFM.

Libération rappelle, en fin d’article, que ce rapport sera présenté aux Nations Unies qui accueilleront du 9 au 20 mars, à New York, des débats sur l'évolution des droits des femmes dans le monde.

Par Mohamed Darouiche
Le 26/02/2015 à 06h30