Traversée Tanger–Algésiras: quand les compagnies maritimes font leur loi

Des voitures sortent de la cale d'un ferry, au port de Tanger Med. 

Des voitures sortent de la cale d'un ferry, au port de Tanger Med.  . DR

Revue de presseRetards à répétition, annulations de dernière minute, absence de prise en charge et hausse des tarifs: la liaison maritime entre Tanger et Algésiras est devenue une source de souffrance pour des milliers de passagers, majoritairement marocains. Face à l’indifférence des compagnies, la colère monte et des interpellations parlementaires se profilent. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 06/01/2026 à 18h28

Les voyageurs empruntant la liaison maritime entre le port Tanger Med et le port espagnol d’Algésiras vivent une véritable épreuve quotidienne. Les heures de traversée se transforment régulièrement en calvaire, aussi bien à l’aller qu’au retour, dans une indifférence quasi totale. Une désorganisation manifeste caractérise les traversées maritimes reliant les rives marocaine et espagnole, constate Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 7 janvier. Que ce soit à Tanger ou Algésiras, les voyageurs subissent des retards répétés et une gestion chaotique des départs. La majorité des compagnies opérant sur cette ligne sont des sociétés étrangères, principalement européennes, dont les sièges sont basés en Espagne, ce qui semble renforcer un sentiment d’impunité dans leur manière de gérer les flux de passagers.

Les pratiques de ces compagnies défient toute logique, a-t-on lu. Les retards dépassent fréquemment les deux heures et demie, devenant presque la norme, sans la moindre considération pour les passagers. Que l’on voyage depuis Tanger Med ou depuis Algésiras, la souffrance est la même, avec des temps d’attente qui s’allongent continuellement. Les protestations des voyageurs restent sans réponse, que ce soit durant les périodes de forte affluence estivale et les vacances, ou même pendant les périodes dites ordinaires. Plus grave encore, certaines compagnies n’hésitent pas à annuler purement et simplement des traversées, laissant les passagers livrés à eux-mêmes, contraints d’attendre d’hypothétiques départs ultérieurs, parfois plusieurs heures, voire toute une nuit.

Ces annulations surviennent sans aucune compensation, ni prise en charge minimale, comme la fourniture de repas ou d’assistance, ce qui accentue le sentiment de mépris ressenti par les usagers. Pour de nombreux observateurs, ce traitement est le résultat d’un relâchement évident dans l’exercice des responsabilités, tant de la part des compagnies maritimes que des administrations portuaires. Certains y voient même une forme de déconsidération à l’égard des citoyens marocains, qui constituent la majorité des passagers, qu’il s’agisse de touristes ou de membres de la diaspora. Une épreuve aggravée par des prix de billets jugés excessifs.

La situation se complique davantage avec l’arrêt quasi-systématique des navires à l’approche du port, dans l’attente de la libération des quais. Ces manœuvres peuvent prendre un temps considérable, s’ajoutant à des heures de retard déjà difficiles à supporter. Si de nombreux voyageurs marocains privilégient Tanger Med, c’est avant tout pour éviter les longues files d’attente à l’entrée de Sebta et les contrôles stricts à la sortie, notamment de la part de la Guardia Civil, qui interdit le passage de plusieurs produits marocains, tels que certaines denrées alimentaires, huiles ou pâtisseries. Ces restrictions ne sont pas appliquées à Algésiras, ce qui rend cette ligne plus attractive malgré ses nombreux dysfonctionnements, comme l’ont souligné plusieurs voyageurs en colère à Al Ahdath Al Maghribia.

Les pratiques jugées abusives des compagnies étrangères opérant à Tanger Med ne peuvent perdurer. Le non-respect des horaires et les tarifs imposés sont particulièrement pointés du doigt, d’autant plus que la mainmise de ces compagnies sur la ligne leur permet de contrôler l’offre de billets. Plusieurs voix appellent ainsi à encourager l’investissement des compagnies marocaines dans ce secteur afin d’instaurer une véritable concurrence au bénéfice des passagers.

Par ailleurs, plusieurs parlementaires de la région envisagent de soulever cette problématique au Parlement, à travers des questions écrites et orales, afin d’attirer l’attention sur une situation qui affecte des milliers d’usagers de cette liaison maritime, qu’il s’agisse de touristes ou des millions de Marocains résidant à l’étranger, tout au long de l’année.

Par La Rédaction
Le 06/01/2026 à 18h28