Marrakech: une «histoire d’amour» fait tomber un doyen

La présidence de l'université Cadi Ayyad de Marrakech.. DR

Revue de presseL’enregistrement audio impliquant des conversations intimes et sensationnelles entre le doyen de la Faculté des langues, relevant de l’université Cadi Ayyad de Marrakech, et une étudiante continue de faire les choux gras des médias. Dans cette revue de presse, Assabah rapporte la version du mis en cause après son limogeage.

Le 17/06/2026 à 20h14

La fuite et la diffusion d’un enregistrement audio impliquant des conversations intimes et sensationnelles entre le doyen de la Faculté des langues, relevant de l’université Cadi Ayyad de Marrakech, et une étudiante ont rapidement entraîné des sanctions professionnelles.

«En effet, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation a immédiatement réagi à ce scandale en signant un décret actant l’éviction immédiate du doyen mis en cause», rapporte le quotidien Assabah dans son édition du jeudi 18 juin.

L’un des adjoints du désormais ancien doyen de la Faculté des langues a été nommé pour assurer l’intérim. Juste après ce scandale, le mis en cause est monté au créneau pour donner sa version des faits.

Dans un communiqué rendu public, il a expliqué que «la conversation incriminée remonte à l’année 2008, lorsque cette étudiante avait quitté les bancs de l’université en raison d’un état de santé mentale fragilisé par une admiration amoureuse à son égard».

Et de souligner qu’«il avait insisté, dans toutes ses réponses lors de cette conversation, pour que l’étudiante reprenne ses études, mais en vain». Dans le but de la convaincre, a-t-il dit, il lui a fait croire qu’il partageait le même sentiment, en présence de son épouse, qui avait répondu au premier appel téléphonique.

En 2012, a-t-il révélé, «l’un de ses étudiants lui a indiqué que l’auteure de la fameuse communication n’était pas une étudiante, mais une manipulatrice qui aurait enregistré des conversations avec d’autres enseignants à des fins de chantage». Avec l’aide de cet étudiant, précise le doyen mis en cause, l’enregistrement téléphonique stocké sur CD aurait été détruit, avant qu’il n’apprenne qu’une copie se trouvait entre les mains d’un collègue qui lui avait promis de la supprimer. Dix-huit ans plus tard, conclut le mis en cause, l’un de ses concurrents aurait décontextualisé l’enregistrement audio en question pour l’utiliser comme une arme afin de l’éliminer de la course au poste de doyen.

En attendant l’ouverture d’une enquête judiciaire pour élucider cette affaire, le quotidien s’est interrogé sur la manière dont un responsable a pu se permettre de jouer le rôle de psychologue en entretenant une conversation avec une personne anonyme et en échangeant avec elle des propos empreints de tendresse.

Par La Rédaction
Le 17/06/2026 à 20h14