De Chanteloup-les-Vignes aux prestigieux MIT et Harvard Medical School, l’exceptionnel parcours du jeune prodige marocain Abdallah Lamane

Le jeune ingénieur marocain Abdallah Lamane avec l’ambassadrice du Maroc en France, Samira Sitaïl.

Abdallah Lamane, élève ingénieur marocain, n’aurait jamais imaginé que son destin l’amènerait à tutoyer les sommets de l’enseignement supérieur américain. Pourtant, ce jeune de 24 ans vient non seulement de décrocher le précieux sésame pour accéder à l’Université de Harvard, à Boston aux États-Unis, mais il est aussi le premier Marocain à être admis au prestigieux programme doctoral «Health Sciences And Technologies» du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de la Harvard Medical School.

Le 30/06/2024 à 10h38

«Je n’aurais jamais imaginé pouvoir aller à Harvard. Un rêve qui en inspire plus d’un. C’est maintenant de ma responsabilité de porter haut les couleurs de l’excellence marocaine au sein de cette prestigieuse institution», a indiqué Abdallah Lamane, à l’occasion d’un hommage qui lui a été rendu avec ses parents, lors d’une réception vendredi au siège de l’ambassade du Maroc à Paris, se réjouissant de l’accueil chaleureux que lui a réservé l’ambassadrice du Roi, Samira Sitaïl.

Né dans une famille modeste marocaine, dont le père est de Casablanca et la mère de Marrakech, et ayant grandi dans un quartier de Chanteloup-les-Vignes, en banlieue parisienne, Abdallah Lamane a signé un parcours remarquable. Il a fréquenté le lycée préparatoire Janson-de-Sailly à Paris avant de poursuivre ses études à CentraleSupélec, l’une des plus grandes écoles d’ingénieurs en France. À chaque étape de sa vie, il a su surmonter les obstacles et progresser vers le succès.

L’ascenseur social n’ayant pas été à son service, Abdallah qui arbore un sourire permanent, a compté sur le soutien, le sacrifice et la motivation de ses parents. «Les valeurs inculquées par mes parents m’ont constamment inspiré pour viser haut, tant dans mes études que dans ma vie personnelle», confie-t-il.

«Mon acceptation à la thèse doctorale à Harvard est un aboutissement de 24 ans d’éducation, c’est la petite cerise sur le gâteau», dit-il, ajoutant que «c’est le meilleur cadeau que j’aurais pu faire à mes parents pour tous leurs sacrifices».

Le processus de sélection à Harvard pour ce programme, l’un des plus anciens d’ingénierie biomédicale au monde, est extrêmement rigoureux, les candidats rivalisant avec des étudiants des quatre coins du globe. D’après le jeune étudiant marocain, l’Université cherche des personnes au parcours varié et engagées dans la recherche. Abdallah, avec son dossier «excellent», sa «diversité culturelle» et sa «rage de vaincre», a su alors se distinguer.

Son éducation et sa recherche l’ont conduit également jusqu’à Stanford, où il a obtenu une bourse pour un stage l’année dernière. Après ce stage de six mois, il a terminé son année de césure à l’Université de Harvard, dans l’un des hôpitaux de la faculté de médecine. «J’y retournerai en septembre pour la thèse conjointe entre Harvard et le MIT dans le domaine de l’utilisation de l’intelligence artificielle pour l’imagerie médicale», a-t-il précisé.

«L’idée de ma thèse doctorale, qui durera entre quatre et cinq ans, est d’approfondir les sujets sur lesquels j’ai travaillé, notamment l’utilisation de l’IA en imagerie médicale. Il s’agit d’aider les radiologues et oncologues à automatiser certaines tâches répétitives grâce aux derniers modèles d’IA», explique Abdallah, qui a fait le tour des plateaux de télévisions françaises récemment, partageant son incroyable parcours et inspirant des milliers de jeunes.

Selon lui, l’imagerie médicale, un secteur porteur, pourrait transformer la manière dont les médecins travaillent quotidiennement. «Cela permet de localiser précisément les tumeurs et de diriger les radiations de manière ciblée pour un traitement plus efficace. Je suis alors très heureux de pouvoir rejoindre la communauté marocaine à Boston et de continuer à approfondir les liens entre la recherche américaine et marocaine», a-t-il indiqué.

Abdallah s’est dit également émerveillé par les programmes de plusieurs Universités du Royaume, notamment ceux de l’Université Mohammed VI polytechnique (UM6P) à Benguerir. «Le Maroc d’aujourd’hui est en pleine mutation, il grandit à une vitesse grand V», souligne-t-il non sans fierté, affirmant qu’il a «un lien très profond avec son pays d’origine».

«C’est le rêve de tous les parents de voir leurs enfants réussir»

La mère d’Abdallah, Saida El Idrissi Daffali s’est dite «très heureuse» de l’exploit de son fils et «très fière» de l’hommage qui leur a été rendu par l’ambassadrice du Maroc: «Nous avons inculqué à nos enfants l’amour de la patrie. Les valeurs ancestrales de notre pays. D’ailleurs, nous partons au minimum une fois par an au Maroc pour que les enfants maintiennent le lien avec leur pays et aussi pour qu’ils découvrent sa culture et son patrimoine.»

«C’est le rêve de tous les parents de voir leurs enfants réussir. C’est plus qu’un accomplissement. Abdallah a toujours été excellent et a toujours eu de très bonnes notes. Il est très déterminé et nous lui souhaitons beaucoup de courage», a déclaré, de son côté, son père Brahim Lamane, installé en France depuis 1989, priant pour le succès de tous les enfants du pays qui visent à concrétiser leurs rêves les plus audacieux.

Par Maria Mouatadid (MAP)
Le 30/06/2024 à 10h38