Villes sans bidonvilles: enfin une date de finalisation pour ce programme

Fatima-Zahra Mansouri, ministre de l’Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville.. dr

Revue de presseMinistre de l’Habitat, Fatima-Zahra Mansouri s’engage à faire totalement disparaître les bidonvilles des paysages urbains d’ici 2028. Une promesse conditionnée par le relogement de 120.000 familles, dans les quatre années à venir. Une revue de presse de L’Économiste.

Le 08/07/2024 à 20h24

Près de vingt ans après son lancement, le programme Villes sans bidonvilles (VSB) n’est toujours pas finalisé. Interrogée par L’Économiste de ce mardi 9 juillet, Fatima-Zahra Mansouri, ministre de l’Habitat, s’est engagée à y mettre un terme, et a annoncé qu’un plan d’action défini sur la période 2024-2028 avait été initié à cette fin.

Ce plan est «destiné à éliminer les bidonvilles restants et à permettre à leurs habitants d’accéder à un logement convenable, soit près de 120.000 familles concernées», écrit le quotidien.

Dans ses prévisions, ce plan d’action prévoit de recaser 10.000 familles cette année, 15.000 en 2025, 30.000 en 2026, 35.000 en 2027 et 30.000 en 2028.

Pour l’heure, le ministère a annoncé que 61 villes du Royaume étaient dépourvues de bidonvilles.

Depuis le lancement du programme et à la fin du mois de juin 2024, 347.277 familles ont bénéficié d’un logement; ce qui reste à faire en quatre ans est donc loin d’être une mince affaire.

Sur le total restant, 24.804 familles sont concernées par des unités réalisées; d’autres sont en cours d’achèvement.

En revanche, «92.701 familles ne sont pas encore programmées dans certaines villes et des centres intégrés dans le cadre du programme VSB. En outre, il y a 11.938 familles non programmées dans des villes non intégrées dans ce programme», indique L’Économiste.

Le ministère a arrondi ces estimations à la hausse, en fixant un seuil de 120.000 familles, tout en prenant en considération d’éventuelles «mises à jour».

Pour accélérer la cadence, le ministère de l’Habitat a opté pour le relogement au lieu du recasement, comme nouveau mode d’intervention avec le programme de l’aide directe en tant que levier d’action.

«Le financement de l’unité d’habitat se présente comme suit: la contribution du ministère de tutelle à hauteur de 100.000 DH dans le cadre de l’aide directe et 40.000 DH dans le cadre du Fonds spécial d’habitat (FSH). À cela s’ajoutent la contribution du ministère des Finances à hauteur de 60.000 DH et celle des familles avec 100.000 DH», écrit le quotidien.

L’approche adoptée dans la région de Skhirat-Témara a été prise pour modèle: elle repose sur le développement de partenariats avec le secteur privé et la mobilisation de logements sociaux par des promoteurs immobiliers avec le lancement d’Appels à manifestation d’intérêt. Résultat: 22.100 familles y ont été relogées en deux ans.

Il reste à juguler l’augmentation régulière du nombre de familles concernées et la faiblesse de l’adhésion des bénéficiaires, ce qui retarde les opérations de transfert ou d’expulsion, ainsi que le manque d’attractivité des centres d’accueil et l’insuffisance des équipements de base réalisés.

Par Lamia Elouali
Le 08/07/2024 à 20h24