Tout ce que vous ne savez pas sur Ramid

Mustapha Ramid, ministre de la Justice.

Mustapha Ramid, ministre de la Justice. . Brahim Taougar - Le360

Revue de presseKiosque360. Entre le ministre de la Justice, au poste depuis trois ans, et le leader PJDiste, il n'y a pas photo. Portrait-enquête.

Le 26/09/2014 à 06h10

Il est difficile de cerner la personnalité de Mustapha Ramid, ministre de la Justice et l'un des anciens "faucons" du PJD, sans replonger dans son histoire et rappeler les hommes qui l'ont influencé. C'est à cet exercice instructif que se sont livrés nos confrères d'Alaan. L'histoire cachée de Ramid, comme l'écrit l'hebdomadaire, dans sa dernière livraison se résume à des déceptions, à des zones d'ombre et à des personnalités qui l'ont fortement marqué. N'ayant jamais pu s'imposer au sein de la chabiba islamiya (ancêtre du PJD, ndlr), l'actuel ministre de la Justice n'avait pas participé aux manifestations de 1980 quand furent jugés et condamnés les islamistes impliqués dans le meurtre d'Omar Bendjelloun, le leader de l'USFP. Depuis cette date, affirme Alaan, Ramid avait disparu dans la nature.Un mentor pas comme les autres

Ce que peu de gens savent aussi est que le cheikh salafiste Abdelhamid Abou Naïm (condamné à un mois de prison ferme pour avoir excommunié Driss Lachgar, premier secrétaire de l'USFP, et d'autres personnalités), était le mentor de Ramid. Ayant échappé à la prison à maintes reprises, l'ironie des choses a voulu qu'il soit traduit devant la justice au moment où c'est son disciple qui faisait la pluie et le beau temps au sein de ce département sensible. Mais il n'y a pas qu'Abou Naïm à avoir marqué le parcours de Ramid. Abdeslam Balaji, leader et élu PJD à Rabat, était l'un de ses principaux soutiens. Saâd Eddine El Othmani, ancien ministre des Affaires étrangères, était son rival à la cité universitaire (Route d'El Jadida), Abdelkrim Moutii qu'il a défendu bec et ongles avant de le laisser tomber, complètement désillusionné sur le compte du patron de la chabiba islamiya. Sans parler de Abdelmalek Zaâzaâ malgré les différends idéologiques qu'il y avait entre les deux hommes. Zaâzaâ, pour ceux qui ne le savent pas, partageait la fameuse chambre 90 avec Ramid à la cité universitaire. Avocat comme Ramid, il allait devenir, avec la création du PJD, "Monsieur droits de l'homme" des islamistes.

C'est cet homme qui préside aujourd'hui aux destinées de l'un des départements les plus sensibles du pays : la justice. Depuis qu'il y est, il a multiplié les chantiers de réforme et les batailles. Lui dit ne rien avoir à perdre, mais que c'est le pays qui aurait beaucoup à perdre sans une réforme, courageuse et sans hésitation de la justice.

Par Fatima Moho
Le 26/09/2014 à 06h10