Pourquoi le chef du Polisario, Brahim Ghali, déserte-t-il Tindouf?

Brahim Ghali, à son arrivée à Pretoria, à bord de l'avion de Bouteflika... . DR

Cisaillé par la peur de changement de régime en Algérie, son principal allié, et le vent de révolte qui fait chanceler son QG à Rabouni, le chef du polisario, Brahim ghali, multiplie les fugues à l’étranger. Décryptage.

Le 13/06/2019 à 15h39

En moins d’un mois, le chef du polisario, Brahim Ghali, s’est offert pas moins de trois longs et lointains déplacements à l’étranger.

Il a d’abord mis le cap sur Pretoria pour l’investiture du président Cyrill Ramaphosa, le 25 mai dernier. Un aller-retour de vingt heures à bord du luxueux Jet d’affaires «Gulfstream» mis à sa disposition par le Général Gaïd Salah, au détriment du contribuable algérien qui, au-delà de la reddition des comptes, revendique depuis le 22 février dernier le départ de toute la mafia tapie au Club des Pins, à Alger, y compris, et surtout, le patron de l’armée devenu depuis le débarquement d’Abdelaziz Bouteflika, le vrai patron de l’Algérie!

De ce safari long courrier, le chef du polisario n’a rien tiré en dehors des inénarrables pauses-photos avec des responsables de l’ANC, dont le chef Cyrill Ramaphosa, et un étalage de ratatouilles médiocratiques tartinées à la sauce propagandiste comme seules l’APS et son pendant séparatiste, SPS, savent encore confectionner!

Passons encore sur les «positions de principe» martelées à l’infini par des dirigeants sud-africains restés prisonniers d’un discours tiers-mondiste fossilisé, de surcroît utopiste, en déphasage avec les nouvelles réalités géopolitiques, voire les attentes d’un peuple sud-africain excédé par l’ampleur de la corruption institutionnelle, la pauvreté et l’insécurité.

Mais là est une autre histoire. Donc, une semaine après l’escale pretorienne, le chef du polisario a repris son bâton de pèlerin pour s'arroger, toujours aux frais du contribuable algérien, un déplacement à San Salvador, pour assister à l’investiture du nouveau président salvadorien, Nayibe Bukele, porté par sa jeunesse (37 ans) et surtout son désir ardent de renouveau, qui est celui de son parti «Nuevas Ideas» (Nouvelles idées).

Sauf que l’escale salvadorienne s’est très mal passée pour le chef du polisario. Le communiqué diffusé par le MAE salvadorien, avant même que l’avion de Brahim Ghali -pardon du peuple algérien!- ne quitte l’aéroport de San Salvador, a été on ne peut plus explicite en annoncant la décision du nouveau gouvernement (issu de la très pragmatique droite salvadorienne) de revoir de fond en comble la politique étrangère léguée par son prédécesseur gauchiste, notamment sur le volet des «relations diplomatiques avec la rasd»!

De quoi faire froid dans le dos de l’"illustre" hôte séparatiste, qui n’a certainement rien vu venir tellement sa cécité est devenue préoccupante.

Brahim Ghali, après ce revers cinglant, aurait pu se faire une raison et se calfeutrer dans son QG à Rabouni. Seulement voilà, il est têtu. Pas plus tard qu'hier mercredi, il s'est rendu à Abuja, au Nigeria, pour assister à «la Journée de la Démocratie» initiée par le président Muhammadu Bihari.

Vous avez bien lu: "Journée de la Démocratie". Paraît-il, Brahim Ghali, qui est poursuivi par l’Audience nationale (plus haute juridiction en Espagne) pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, a un bilan très honorable à exposer du côté d’Abuja, à l’occasion de cette grand-messe dédiée à la démocratie!

Circulez, il n’y a rien à voir. A part que le chef du polisario a très mal à Alger et à Tindouf, où un véritable vent de révolte souffle, promettant d’emporter, dans son courant inexorable, les tristes symboles d’un régime corrompu, férocement prédateur et cruellement liberticide.

Jusqu'où ira-t-il encore, ce champion des fuites en avant?

Au secours... 

Par M'Hamed Hamrouch
Le 13/06/2019 à 15h39