L'un des commissaires de l'UA oublie l'Afrique et défend l'Algérie contre le Maroc

Ismaïl Chergui, commissaire à la Paix et à la sécurité de l'UA. . dr

Après la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente sortante de la commission de l'UA, c'est au tour du "Haut commissaire à la paix et à la sécurité", un Algérien celui-là, de défendre Alger contre le Maroc et les intérêts africains. Décryptage.

Le 20/12/2016 à 18h04

Effrayé par le retour inéluctable du Maroc à l'Union africaine, Alger tire dans tous les sens sans toutefois toucher sa cible. Après avoir joué en vain la carte de la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente sortante de la Commission de l'Union africaine, dont l'hostilité anti-marocaine lui a valu la perte du peu de crédibilité qui lui restait, Alger, mise à mal par la percée africaine du royaume du Maroc, veut désormais tabler sur le Haut commissaire à la paix et à la sécurité de l'Union africaine. Sauf que le monsieur "Paix et sécurité" s'avère être cette fois un Algérien!

Intervenant lors d’une conférence de presse à la fin des travaux du "4e Séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique", dont le timing choisi pour son organisation (le weekend dernier à Oran) ne laisse (vous verrez loin) aucun doute sur sa finalité tendancieusement anti-marocaine, monsieur le commissaire a eu cette déclaration qui ressemble curieusement à la position d'Alger par rapport à la décision du retour du Maroc à l'Union africaine: "L’adhésion à l’Union africaine est régie par des critères clairs et sans préalable aucun. Toute partie désirant adhérer à l’Union devra se considérer comme le reste des membres avec les mêmes droits et obligations", a-t-il péroré.

Décryptons: le retour du Maroc au sein de l'Union africaine, selon le "Haut commissaire (ALGERIEN) à la paix et à la sécurité", ne devrait pas impliquer l'éjection de la "RASD" de cette organisation continentale.

Son excellence reprend ridiculement la même phrasélogie "complotiste" de ses compatriotes qui tiennent les rênes du pouvoir à Alger et suggère que la démarche du Maroc est "porteuse de danger sur la cohésion de l’UA". Dlamini-Zuma, porte-voix d'Alger, avait d'ailleurs fait sienne cette même étrange suggestion soufflée par son "camarade" Ramtane Lamamra de soumettre la décision du retour du Maroc au sein de l'UA, à un "examen politique"! Autrement dit, un procès d'intention à l'encontre du Maroc. Il est où alors, le légendaire statut de l'UA avec ses critères d'adhésion?

Alger ne craint-elle pas que le retour annoncé du Maroc, puissance continentale indéniable, ne la relègue au second rang, après avoir "réussi" une OPA sur les structures de l'Union africaine, dont elle est, avec Pretoria, l'un des principaux pourvoyeurs de fonds, détournant cette organisation continentale à des fins misérablement hostiles à l'intégrité territoriale du Maroc? Mais ce que doit comprendre Alger, c'est qu'il s'agit seulement d'officialiser le retour du Maroc au sein de l'UA car le prestige et le rayonnement du royaume sur l'Afrique sont déjà une réalité. Et face à cette réalité, le voisin de l'Est est désarmé. A défaut de stratégie réelle pour l'Afrique, il s'est contenté d'accumuler les "occasions ratées". Celle de son "Haut commissaire à la paix et à la sécurité" en est une, une de plus. Pathétique!

Par Ziad Alami
Le 20/12/2016 à 18h04