Ces discussions ont permis de poser des «bases très solides pour aboutir à un accord final réussi», s’est félicité lundi le vice-président américain JD Vance, les États-Unis annonçant dans la foulée une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien.
"Nous avons posé les fondations de l'accord final": les États-Unis suspendent leurs sanctions sur le pétrole iranien jusqu'au 21 aoûthttps://t.co/HRUJjk4WHk
— BFM Business (@bfmbusiness) June 22, 2026
Le responsable américain, ainsi que le négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté lundi le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, au terme d’un marathon de 18 heures, laissant à des diplomates le soin de poursuivre des discussions «techniques» sur place.
Celles-ci se sont également achevées et les pourparlers se poursuivront ultérieurement au sein de groupes de travail, a indiqué mardi la diplomatie iranienne à l’agence officielle Irna.
En attendant, M. Ghalibaf a réaffirmé que les conditions dans le détroit d’Ormuz ne retourneraient pas à celles d’avant-guerre et que la voie resterait «administrée» par son pays, selon des propos rapportés mardi par Irna.
#Iran : le chef du Parlement et le chef de la diplomatie contestent le langage de la partie américaine. Pour eux, Ormuz sera iranien et il n'y aura pas d'inspecteurs de l'AIEA sur leur sol. Désaccords sur l'accord. Mes explications ce matin @BFMTV https://t.co/6KbkIuus7h
— FRANCOIS CLEMENCEAU (@Frclemenceau) June 23, 2026
Le passage par Ormuz, où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial, était libre de tout contrôle avant le déclenchement par les Etats-Unis et Israël le 28 février de la guerre contre l’Iran.
Mais «l’administration du détroit d’Ormuz ne redeviendra jamais ce qu’elle était avant la guerre», a assuré M. Ghalibaf, martelant que «l’Iran administrera» celui-ci.
L’Iran a par ailleurs indiqué mardi avoir conclu en Suisse avec les Américains un accord pour le déblocage «immédiat» de 12 milliards d’avoirs iraniens gelés.
Ceux-ci seront libérés «en deux tranches de 6 milliards», a détaillé auprès d’Irna le chef de la délégation iranienne chargé des discussions techniques, le vice-ministre de Affaires étrangères Kazem Gharibabadi.
M. Vance avait souligné que son pays s’assurerait qu’un éventuel déblocage d’avoirs iraniens «ne servirait pas à financer le terrorisme».
Ghalibaf à Oman
Le cycle de négociations entamé ce week-end en Suisse nourrit les espoirs d’un règlement durable du conflit et a fait retomber le cours du baril de Brent de la mer du Nord sous la barre des 78 dollars, loin des plus de 126 dollars atteints au paroxysme de la guerre.
Les négociations, où le Pakistan et le Qatar jouent un rôle de médiation, doivent aboutir à un document final sous un délai de 60 jours renouvelables.
Dans ce cadre, le président iranien, Massoud Pezeshkian, doit effectuer une visite d’Etat à Islamabad mardi, selon la diplomatie pakistanaise.
Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio est pour sa part attendu de mardi à jeudi aux Emirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït, selon son ministère.
Et l’équipe de négociateurs iraniens, emmenée par M. Ghalibaf, s’est rendue de son côté à Oman pour parler précisément de la gestion du détroit d’Ormuz, selon Irna.
Pressé de mettre un terme à un conflit qui pèse sur le pouvoir d’achat de ses citoyens, Washington a multiplié les gestes envers Téhéran.
Concernant le pétrole, principale ressource de la République islamique, «toutes les transactions» concernant la production, la vente et le transport d’hydrocarbures d’origine iranienne «sont autorisées jusqu’au 21 août», a détaillé le ministère américain des Finances.
Under President @realDonaldTrump and @VP, we continue to make the world safer and more prosperous.
— Treasury Secretary Scott Bessent (@SecScottBessent) June 22, 2026
In line with the ongoing productive talks in Switzerland, Iran has committed to free and open transit in the Strait of Hormuz and to permit International Atomic Energy Agency…
Selon M. Vance, Téhéran a accepté d’inviter à nouveau des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ce que l’Iran n’a pas confirmé.
«Premier test réel»
Mises en place par l’accord de 2015 déchiré par M. Trump en 2018, ces inspections avaient été suspendues par l’Iran après les bombardements israélo-américains de ses installations en juin 2025.
Les inspecteurs de l’AIEA n’ont depuis pas pu visiter les sites touchés, laissant planer le doute sur l’état des stocks d’uranium hautement enrichi de la République islamique, un point de contentieux majeur avec Washington.
Téhéran a toujours nié chercher à se doter de l’arme nucléaire, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.
Sur le front libanais, que Téhéran a insisté pour associer aux discussions, une «cellule de gestion des conflits» va être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre début mars.
Lundi, le président libanais Joseph Aoun a ainsi fait savoir avoir reçu un appel de M. Vance au sujet de «la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l’arrêt de l’escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard».
Lebanese President Joseph Aoun held high-level discussions with U.S. Vice President JD Vance regarding an urgent ceasefire and the de-escalation of Israeli military operations. The diplomatic effort also included White House envoy Jared Kushner and Qatari PM Sheikh Mohammed bin…
— Faytuks Network (@FaytuksNetwork) June 22, 2026
L’offensive au Liban, destinée selon Israël à empêcher les attaques du Hezbollah, a fait plus de 4.100 morts selon les autorités et plus d’un million de déplacés.
Pour le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le respect de ce cessez-le-feu sera «le premier test réel» de la solidité du protocole d’accord américano-iranien.




