Cet accident meurtrier intervient en pleine campagne pour les législatives du 29 novembre et moins d’un an après, là aussi, une collision entre deux trains à Adamuz, en Andalousie, qui avait fait 46 morts, bouleversant toute l’Espagne.
Sur place, sur la commune d’Urda, un journaliste de l’AFP a vu les trains accidentés, dont visiblement deux voitures avaient déraillé avant de finir en contrebas du talus. Des ambulanciers, des pompiers, des policiers et des agents de la Guardia Civil étaient affairés autour de la ferraille enchevêtrée, tandis que des hélicoptères survolaient les lieux.
Les routes ont été coupées pour faciliter l’accès des nombreux secours et permettre l’évacuation des victimes. Le Premier ministre, Pedro Sánchez, qui est en chemin pour se rendre à Urda selon ses services, s’est dit sur X consterné. Le roi Felipe VI a déploré une terrible tragédie.
Selon un porte-parole des services d’urgence sollicité par l’AFP, la collision a eu lieu à 08H54 (07H54 GMT) entre deux trains, l’un de Iryo et l’autre de Renfe, près de la station d’Urda, dans la région de Castille-La-Manche.
«Nous parlons de 64 morts», dont 40 dans le train Iryo et 24 dans celui de la Renfe, a indiqué en début d’après-midi le président régional, Emiliano García-Page, lors d’un point-presse. «Ce chiffre va probablement encore augmenter. C’est énorme, c’est monstrueux», a-t-il dit.
Plus tôt, il avait expliqué que les secours tentaient d’atteindre les zones les plus profondes des wagons à la recherche de survivants, assurant qu’il y avait des dizaines de blessés, dont certains graves.
Le responsable, tout comme la ministre de la Santé, Monica Garcia, interrogée à la télévision espagnole, ont dit ne pas avoir d’information à ce stade sur la cause de l’accident.
Avec près de 4.000 kilomètres de voies ferrées, le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol est le deuxième du monde, après celui de la Chine, et l’une des fiertés du pays.
La collision d’Adamuz le 18 janvier, également entre deux trains à grande vitesse, avait ravivé les débats en Espagne sur l’entretien du réseau ferroviaire et sur la sécurité pour les passagers, dans le deuxième pays le plus visité au monde chaque année.
Cet accident avait également suscité de vives critiques de l’opposition de droite et d’extrême droite contre le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez, qui s’était alors engagé à investir 1,8 milliard d’euros pour améliorer la maintenance du réseau.
Avec un bilan qui reste provisoire, la tragédie d’Urda est la plus grande catastrophe ferroviaire en Espagne depuis un déraillement meurtrier ayant fait 80 morts près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest) en 2013.




