Des poids lourds de l’IA à une réunion du G20, où Washington plaide contre toute régulation

De gauche à droite : Elon Musk (fondateur de xAI, PDG de Tesla et SpaceX), Sam Altman (PDG d'OpenAI) et Jensen Huang (PDG de Nvidia).

Elon Musk, le patron de Nvidia Jensen Huang et celui d’OpenAI Sam Altman participent mardi et mercredi à une réunion du G20 en Caroline du Nord, où Washington veut obtenir un texte engageant à ne pas créer d’autorité de régulation de l’intelligence artificielle.

Le 01/09/2026 à 08h00

Cette réunion ministérielle sur l’innovation se tient à Chapel Hill, siège d’un important pôle de recherche universitaire. L’événement, organisé par la présidence américaine du G20 en préparation du sommet des chefs d’Etat mi-décembre, rassemble des ministres des vingt premières économies mondiales, dont le Japon, l’Allemagne, la France, l’Inde ou la Corée du Sud.

Le directeur de la politique scientifique de la Maison Blanche, Michael Kratsios, qui co-organise la rencontre avec le secrétaire au Commerce Howard Lutnick, a annoncé lundi sur X les intervenants du premier jour: Elon Musk, en visioconférence, et le Britannique Demis Hassabis, patron de Google DeepMind et prix Nobel de chimie 2024.

Jensen Huang et Sam Altman sont attendus mercredi pour des échanges avec Howard Lutnick, ainsi que la présidente de Meta, Dina Powell McCormick, ancienne conseillère de M. Trump.

Washington y défendra une liste d’engagements surnommés les «principes de Caroline», selon Bloomberg, dont l’article a été relayé par M. Kratsios: aucune nouvelle autorité de régulation, le recours aux régulateurs sectoriels existants plutôt qu’à une loi générale sur l’IA, à rebours de la démarche européenne, et une coopération entre Etats et entreprises pour tester les modèles.

«Arriérés et pauvres»

La réunion intervient six semaines après la révélation par OpenAI de l’intrusion, dans les systèmes de la plateforme franco-américaine Hugging Face, d’agents autonomes qu’elle testait. Des incidents comparables ont depuis été rapportés chez ses concurrents Anthropic, Meta ou encore le Chinois Moonshot AI.

L’affaire a relancé les appels à l’encadrement du secteur. Le cofondateur de Microsoft Bill Gates a réclamé le 26 août un organe international de supervision. Demis Hassabis, lui, a appelé le 14 juillet à créer aux Etats-Unis un organisme chargé de tester les modèles les plus puissants avant leur mise sur le marché, sur le modèle de la Finra, gendarme privé de Wall Street placé sous supervision fédérale.

L’administration Trump privilégie l’autorégulation. Un décret signé le 2 juin a ouvert la voie à un examen fédéral des modèles les plus avancés, jusqu’à 30 jours avant leur commercialisation, en théorie sur la base du volontariat. Ce cadre, présenté début août aux géants américains du secteur, ne vise pour l’heure que les modèles dits fermés d’OpenAI, de Google et d’Anthropic. Mais la Maison Blanche envisage d’y inclure les modèles ouverts qui atteindraient des capacités comparables.

Lundi, Donald Trump a attaqué les opposants aux centres de données, promis selon lui à finir «arriérés et pauvres» et faisant le jeu de la Chine.

Son administration a placé sa présidence du G20 sous le signe de l’allègement des contraintes réglementaires et de la promotion des nouvelles technologies. Le sommet des chefs d’Etat se tiendra les 14 et 15 décembre au Trump National Doral, à Miami.

Par Le360 (avec AFP)
Le 01/09/2026 à 08h00