États-Unis: Biden désigne Karine Jean-Pierre comme porte-parole, première femme noire et première lesbienne à ce poste

Jen Psaki (à droite), à côté de l'actuelle secrétaire de presse adjointe principale, Karine Jean-Pierre, à un point de presse à la Maison Blanche, à Washington, le 5 mai 2022. Jen Psaki va quitter ses fonctions la semaine prochaine et sera remplacée par Karine Jean-Pierre. . SAUL LOEB / AFP

Le 06/05/2022 à 08h29

VidéoLe président américain Joe Biden a annoncé hier, jeudi 5 mai 2022, avoir choisi Karine Jean-Pierre comme la prochaine porte-parole de la Maison Blanche, attribuant pour la première fois ce poste très exposé à une femme noire et ouvertement lesbienne.

Elle remplacera Jen Psaki, dont elle était jusqu'ici l'adjointe, à partir du 13 mai, selon un communiqué de la Maison Blanche dans lequel Joe Biden se dit «fier» de cette nomination.

Le président y loue aussi «l'expérience, le talent et l’honnêteté» de sa future porte-parole.

«Elle sera la première femme noire et ouvertement LGBTQ+» à ce poste, a tweeté pour sa part Jen Psaki, qui avait fait savoir dès le début qu'elle passerait la main en cours de mandat, ajoutant: «elle donnera une voix à de nombreuses personnes et elle permettra à beaucoup d'avoir de grands rêves».

Selon les médias américains, la porte-parole sortante rejoindrait la chaîne MSNBC, d'orientation progressiste.

Karine Jean-Pierre, 44 ans, est la première femme noire à endosser le rôle de «Press Secretary».

Cette francophone, qui partage la vie d'une journaliste de CNN, avec laquelle elle a une fille, devient aussi la première lesbienne à assumer cette fonction redoutablement exposée.

Née en Martinique de parents haïtiens qui ont ensuite émigré aux Etats-Unis, elle a travaillé sur les deux campagnes de Barack Obama (2008 et 2012) puis celle de Joe Biden en 2020 avant de rejoindre son équipe à la Maison Blanche.

Diplômée de la prestigieuse université de Columbia avant de s'engager dans le monde associatif et politique, Karine Jean-Pierre a souvent expliqué combien le parcours de sa famille, emblématique du «rêve américain», avait été déterminant pour sa carrière.

Elle a grandi à New York, où son père a travaillé comme chauffeur de taxi et sa mère comme soignante à domicile.

«Je suis tout ce que Donald Trump déteste», expliquait-elle en 2018 dans une vidéo pour l'organisation MoveOn, dont elle fut un temps une des principales figures.

I am Everything Trump Hates

"I am everything Trump hates," says Haitian-American Karine Jean-Pierre. And that's what emboldens her to keep fighting.

Posted by MoveOn on Friday, January 12, 2018
Le 06/05/2022 à 08h29