Réunie à Marrakech à l’occasion de son quatrième Forum national, la Fédération nationale du transport touristique franchit un cap décisif en dévoilant une feuille de route ambitieuse destinée à refondre en profondeur l’ensemble de la filière. À seulement quatre ans de la Coupe du monde 2030, l’organisation patronale rompt avec une simple posture de contestation pour s’imposer comme une force de proposition et un partenaire incontournable dans l’élaboration des politiques publiques du Royaume, indique le quotidien Les Inspirations Eco.
Au cœur de cette stratégie de modernisation, la refonte du cadre juridique apparaît comme une priorité. Les professionnels réclament l’abrogation du Dahir de 1963, qui régit toujours le transport collectif de personnes, mais qu’ils jugent totalement obsolète au regard des mutations économiques actuelles et des nouvelles attentes des voyageurs. L’objectif est de faire adopter une loi spécifique au transport touristique, capable d’éliminer les chevauchements réglementaires, de clarifier le rôle des différentes administrations et de mettre fin aux situations de rente. Cette transition vers un modèle d’entreprise plus structuré et des procédures allégées vise à instaurer un climat des affaires transparent, équitable et propice à l’investissement.
Sur le terrain du numérique, la profession privilégie une approche offensive plutôt que la seule dénonciation des dérives du secteur. Face à la prolifération des plateformes internationales et des activités non régulées, telles que les VTC ou les réservations d’excursions en ligne, la Fédération annonce le développement d’une application 100% marocaine. «Conçue dans le strict respect des lois nationales et des obligations fiscales, cette alternative souveraine doit permettre aux opérateurs de reprendre la maîtrise de leur marché, tout en conciliant innovation technologique et concurrence loyale», écrit Les Inspirations Eco du 22 juillet.
Afin d’alléger la gestion quotidienne des entreprises, la simplification administrative constitue le troisième levier majeur de ce plan. Confrontés depuis des années à la multiplicité des interlocuteurs et à la lourdeur des procédures, les professionnels appellent à la création d’un guichet unique dédié. Cette plateforme centralisée prendrait en charge l’ensemble des démarches, de la création de l’entreprise au renouvellement des autorisations de circulation. En fluidifiant les échanges avec l’administration, ce dispositif entend améliorer significativement l’environnement des affaires et renforcer l’attractivité du secteur auprès de nouveaux investisseurs.
Consciente que la modernisation des équipements ne saurait suffire, la Fédération place le capital humain au même niveau de priorité que les infrastructures. Un partenariat stratégique a ainsi été conclu avec l’Université Cadi Ayyad de Marrakech afin de développer des programmes de formation, de recherche appliquée et d’innovation adaptés aux métiers du transport touristique, tout en favorisant l’insertion des étudiants. «Il s’agit d’anticiper les mutations technologiques et environnementales afin de doter la filière de compétences de haut niveau, capables d’élever la qualité globale des services», note Les Inspirations Eco.
Enfin, cette feuille de route transversale aborde plusieurs chantiers clés, notamment la mise en place de mécanismes de financement adaptés au renouvellement des flottes et à la transition énergétique, la révision des contrats d’assurance, ainsi que le renforcement des infrastructures d’accueil dans les aéroports et les principaux pôles touristiques. En multipliant les engagements et les propositions concrètes, le secteur confirme sa volonté de s’imposer comme l’un des principaux moteurs du rayonnement et de l’attractivité de la destination Maroc.




