Le navire battant pavillon libérien venait de quitter le port après avoir déchargé une cargaison en provenance de Chine. Alors qu’il franchissait la passe du port en direction de l’Espagne, il aurait été secoué par une forte houle, provoquant un mouvement de roulis et le déséquilibre de plusieurs conteneurs empilés sur le pont.
Le Ionikos est un porte-conteneurs construit en 2009 et exploité par la société maritime grecque Dioryx Maritime Corp. Long d’environ 258 mètres pour une largeur de 32 mètres, il dispose d’une capacité de transport d’environ 4.300 conteneurs (EVP) et d’un tonnage brut supérieur à 40.000 tonnes. Ce navire opère sur plusieurs lignes reliant les ports d’Europe, de Méditerranée et d’Afrique du Nord.

Au total, 85 unités ont chuté en mer. Certaines sont tombées à proximité immédiate de la zone portuaire, tandis que d’autres ont été emportées par les courants vers la côte.
«Il y a des conteneurs qui ont été dégagés. Heureusement, ils ne sont pas tombés uniquement dans le port. Avec le courant, ils sont passés du côté de la Mosquée Hassan II et de la corniche. On espère que tout sera évacué aujourd’hui, inchallah», nous confie une source au sein de l’Agence nationale des ports (ANP).
Plusieurs conteneurs ont en effet été signalés à proximité de la corniche et de la marina de Casablanca, non loin de la Mosquée Hassan II. Certains transportaient des produits alimentaires, notamment des céréales de petit déjeuner, tandis que d’autres contenaient du mobilier comme des chaises.
Face aux risques que ces conteneurs dérivants font peser sur la navigation et la sécurité des biens, un important dispositif a été déployé dès la survenue de l’événement, de jour comme de nuit. Les services des douanes, de la protection civile, des forces auxiliaires, de la Gendarmerie royale, de la Marine royale, de la DGSN ainsi que les autorités locales ont été mobilisés pour surveiller les conteneurs le long du littoral et prévenir tout danger.

Pour l’heure, l’autorité portuaire maintient la suspension de l’entrée et de la sortie des navires. «Pour des considérations de sécurité, on ne peut pas permettre la navigation à l’intérieur du port. La situation pourrait empirer et c’est notre première préoccupation», précise-t-on du côté de l’ANP.
Chute de 85 conteneurs d’un navire libérien à l'entrée du Port de Casablanca
Le bassin portuaire est en partie obstrué par les conteneurs tombés à la mer. Dans ces conditions, les autorités refusent de prendre le risque de laisser entrer des navires qui pourraient heurter ces obstacles ou chavirer à l’intérieur du port.
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Cet incident survient alors que le port de Casablanca sort à peine d’un épisode d’encombrement historique provoqué par plusieurs jours de mauvaises conditions météorologiques. Plusieurs navires n’avaient pas pu accoster ni décharger leurs cargaisons, créant une accumulation inhabituelle de bateaux dans l’enceinte portuaire.
Dans un port déjà proche de la saturation, le moindre décalage peut provoquer un effet domino sur toute la chaîne logistique. «L’essentiel est d’avoir des process pour traiter ce type d’urgence et revenir à la normale le plus rapidement possible. Il ne faudrait pas que cela s’étale sur des mois», souligne Hicham Mellakh, président de la commission «Logistique et foncier» à la Confédération générale des entreprises du Maroc.
Des coûts potentiels importants
Il est encore trop tôt pour mesurer l’impact économique de cet incident. Le port de Casablanca accueille quotidiennement plusieurs navires commerciaux, et chaque immobilisation entraîne des coûts importants.
Les surestaries, pénalités facturées pour les conteneurs ou navires immobilisés, peuvent atteindre entre 15.000 et 25.000 dollars par navire et par jour, indique Hicham Mellakh. Même en cas d’incident exceptionnel, ces frais sont généralement facturés selon les termes des contrats entre armateurs, importateurs et exportateurs.
«Nous allons bientôt tenir une réunion avec l’Agence nationale des ports pour en discuter», poursuit Hicham El Mellakh, qui espère convaincre les armateurs de limiter l’application des surestaries en cas d’événements exceptionnels ou de situations de force majeure.










