Mondial: voici le pactole des Lions de l’Atlas et comment ils échappent au fisc américain

Achraf Hakimi, des Lions de l’Atlas.

Revue de presseEntre manne financière garantie et complexité fiscale outre-Atlantique, la qualification du Maroc pour la Coupe du monde 2026 s’accompagne d’enjeux budgétaires inédits. Si la Fédération royale marocaine de football (FRMF) peut prétendre à des montants record, le régime d’imposition américain, tempéré par une convention bilatérale, dessine une réalité plus nuancée. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 22/06/2026 à 18h30

Conformément au barème des primes établi par la FIFA, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) percevra, pour la simple accession de la sélection nationale à la phase finale du Mondial 2026, une dotation directe de 15 millions de dollars américains, soit 15 milliards de centimes. À cette somme s’ajoute le montant de base alloué à chaque sélection participant à la compétition, fixé à 10 millions de dollars au titre de la prime de qualification préliminaire, complété par une enveloppe de 2,5 millions de dollars destinée à couvrir les frais de préparation. Le total garanti atteint ainsi 12,5 millions de dollars avant même que la sélection nationale n’aborde les tours éliminatoires, relaie Al Akhbar de ce mardi 23 juin.

Au fil de la compétition, les performances ouvrent la voie à des récompenses croissantes: les équipes accédant aux quarts de finale empocheront 19 millions de dollars, tandis que le vainqueur du trophée se verra attribuer 50 millions de dollars. Ces montants, toutefois, ne sauraient occulter la contrainte fiscale imposée par les États-Unis, désigné pays hôte principal pour la majorité des rencontres. Les autorités américaines appliquent en effet, par défaut, un prélèvement à la source de 30% sur les revenus générés par les activités sportives tenues sur leur sol.

Néanmoins, la convention de non-double imposition conclue entre le Maroc et les États-Unis offre à la FRMF une protection substantielle. Selon des sources proches du dossier, cet accord permettrait soit une réduction significative du taux d’imposition, soit la restitution d’une large part des sommes retenues. La répartition des primes sera par ailleurs ajustée en fonction du nombre de matchs disputés par le Maroc sur le territoire de chacun des trois pays coorganisateurs -États-Unis, Canada et Mexique –afin d’éviter tout risque de double imposition, écrit Al Akhbar.

Les mêmes sources évoquent l’application de taxes locales, désignées sous le terme de «Jock tax», dans les États américains où se dérouleront les rencontres. Pour atténuer cet impact fiscal, la FRMF pourrait recourir à des mécanismes tels que le Central Withholding Agreement (CWA), dispositif permettant de négocier une modalité de retenue adaptée. Il est ainsi prévu que le prélèvement effectif, loin d’atteindre le seuil des 30%, se maintienne dans une fourchette nettement inférieure, après une mise en œuvre rigoureuse de ladite convention.

Par Hassan Benadad
Le 22/06/2026 à 18h30