Sous les bâches du Souk El Had à Agadir, l’effervescence est palpable. Depuis plusieurs semaines, l’oignon espagnol attire de plus en plus de clients, séduits avant tout par son prix compétitif comparé à l’oignon local. Produit de base de la cuisine quotidienne, celui-ci a vu son prix grimper jusqu’à 18 dirhams le kilogramme. Une hausse qui pèse lourd sur le budget des familles, poussant nombre d’entre elles à revoir leurs habitudes d’achat.
«Les commerçants ont commencé à ramener l’oignon espagnol depuis la mi-Ramadan, au moment où les prix ont fortement augmenté. Et aujourd’hui les clients regardent d’abord le prix», déclare Idriss Abelkassem, vendeur de légumes rencontré sur place.
Sur son étal, les deux produits cohabitent, mais ne jouent pas dans la même catégorie. L’oignon marocain, acheté en gros à environ 12 dirhams, reste plus cher que son concurrent importé, proposé entre 8 et 10 dirhams. Un écart qui, à l’échelle d’un panier quotidien, fait la différence. Pourtant, la préférence qualitative reste clairement en faveur du produit local. «L’oignon marocain est meilleur, plus résistant et peut être conservé pendant plusieurs semaines. Celui qui vient d’Espagne ne tient pas plus d’une semaine», explique le vendeur.
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Derrière cette situation, se cache une réalité agricole saisonnière. La fin de la campagne de l’oignon dit «karkoub», très prisé sur le marché, a entraîné une baisse de l’offre. «C’est ce qui explique le manque actuel. Il faudra attendre l’été pour voir les quantités augmenter de nouveau», précise Abdelkassem. En attendant, certaines variétés locales continuent d’approvisionner les marchés. «L’oignon “herrif” est disponible et ne connaît pas de pénurie», souligne-t-il, tout en reconnaissant qu’il ne suffit pas à combler entièrement la demande.
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Quant aux variétés importées, elles se déclinent en plusieurs types. «On trouve de l’oignon blanc, cuivré et rouge en provenance d’Espagne», détaille-t-il. «Cependant, leur goût diffère et leur qualité est altérée par le processus de réfrigération avant leur arrivée au Maroc», ajoute-t-il. Malgré ces réserves, la logique économique l’emporte pour de nombreux foyers. Dans les allées du marché, les clients comparent, hésitent, puis tranchent souvent en faveur du produit le moins cher, quitte à sacrifier la qualité.
Les professionnels, eux, appellent à relativiser cette situation. Avec l’arrivée de la saison estivale, marquée par une nouvelle production, l’offre devrait se réguler progressivement. «Les prix vont baisser et revenir à des niveaux normaux, entre 3 et 5 dirhams le kilo», conclut le vendeur de légumes.








