Dans un entretien accordé à notre média, Zakaria Firano, professeur d’économie à la Faculté de droit et de sciences économiques de Rabat Agdal, explique que le Maroc ne se contentera plus d’être un hub vers l’Afrique, mais qu’il s’imposera dans les prochaines années comme une véritable «connexion maritime vers l’Europe et le Moyen-Orient via le détroit de Gibraltar».
Cette montée en puissance s’appuie d’abord sur la compétitivité de Tanger Med et de Casablanca, le premier réussissant l’exploit de concurrencer les plus grandes plateformes méditerranéennes. L’expert rappelle d’ailleurs qu’aujourd’hui, Tanger Med se classe «parmi les 20 premiers ports à l’international. C’est aussi le premier port en Afrique et en Méditerranée», ayant ainsi «dépassé les ports concurrentiels qui existaient d’Italie et d’Espagne». Il précise qu’en termes de stratégie et de performance, ce complexe se positionne aux avant-postes mondiaux, ajoutant avec regret que l’«on n’en parle pas beaucoup».
Cette dynamique, portée par la vision royale, repose également sur la complémentarité entre plusieurs sites majeurs. Si le port de Casablanca demeure le véritable «moteur de croissance » dédié à « l’industrie interne et aussi à la consommation des produits importés», d’autres pôles comme celui de Jorf Lasfar s’affirment comme un «maillon central pour l’OCP et l’exportation des produits phosphatés». Parallèlement, le Maroc développe de nouveaux projets d’envergure tels que le port de Nador, une infrastructure au plan stratégique prédominant par laquelle «va transiter plus de 18% de l’énergie au niveau mondial».
Enfin, l’édification du port de Dakhla Atlantique dans les provinces du Sud, dont le taux de réalisation atteint désormais 48% pour une mise en service en 2030, parachèvera cette architecture géostratégique. Pour Zakaria Firano, ce grand projet est l’ultime levier de cette ambition. Il constituera «une porte pour désenclaver les pays du Sahel» et «un nouvel élan en matière logistique pour l’Afrique tout entière».




