Le Maroc accélère la décarbonation de son économie. L’Europe joue un rôle moteur dans cette évolution. Principal partenaire commercial du Royaume, l’Union européenne durcit progressivement ses règles environnementales à l’encontre des importations. Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), entré en vigueur, agit comme un électrochoc dans les milieux industriels marocains. «Désormais, les produits fortement émetteurs de CO₂ risquent d’être taxés dès leur entrée sur le marché européen, rendant la réduction des émissions indispensable pour maintenir l’accès à ce marché», indique le quotidien Les Inspirations Eco du 14 mai.
Plusieurs secteurs stratégiques de l’économie marocaine sont directement concernés par cette transformation: automobile, textile, ciment, sidérurgie, agroalimentaire ou encore engrais. Le carbone devient ainsi un nouveau critère commercial, au même titre que le coût ou la qualité. Face à cette mutation mondiale, le Maroc cherche à prendre une longueur d’avance en transformant la contrainte climatique en avantage industriel.
Le Royaume dispose déjà d’un atout majeur dans cette course à l’économie verte : son avance dans les énergies renouvelables. Depuis plus d’une décennie, le pays a massivement investi dans le solaire et l’éolien. Une stratégie autrefois jugée ambitieuse, voire coûteuse, qui apparaît aujourd’hui comme un choix visionnaire. Le complexe solaire Noor Ouarzazate, l’un des plus grands au monde, symbolise cette ambition nationale de produire une énergie plus propre et moins dépendante des hydrocarbures importés. Dans l’éolien également, des projets comme les parcs de Tarfaya ou Midelt participent progressivement au verdissement du mix énergétique national.
Le secteur automobile, locomotive des exportations marocaines, figure parmi les plus engagés dans cette transition. À l’usine Renault de Melloussa, près de Tanger, les efforts de décarbonation sont particulièrement visibles. «Alimentée en partie par des énergies renouvelables et dotée de systèmes avancés de recyclage industriel, cette plateforme illustre la nouvelle orientation des chaînes de production mondiales. Même dynamique chez Stellantis à Kénitra, où les investissements dans l’efficacité énergétique et la réduction des émissions se multiplient pour répondre aux exigences environnementales européennes», souligne Les Inspirations Eco.
Le textile n’est pas en reste. Plusieurs industriels marocains accélèrent leur transition énergétique afin de répondre aux nouvelles attentes des marques internationales. Certaines usines de Casablanca et Tanger investissent dans des centrales photovoltaïques en toiture, le recyclage des eaux usées ou encore les chaudières à biomasse. L’objectif est clair: verdir le «Made in Morocco» pour préserver sa place dans les chaînes d’approvisionnement européennes.




