Hausses vertigineuses des prix de la viande rouge: le ministre de l’Agriculture sommé de s’expliquer

Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement rural et des eaux et forêts, intervient au Parlement à une séance de questions orales de députés de la Chambre des représentants, le 2 janvier 2023.. DR

Revue de presseDevant les députés de la première Chambre du Parlement, le ministre de l’Agriculture a tenté d’apporter des réponses sur les prix actuellement excessifs de la viande rouge sur les marchés, mais sans vraiment réussir à les convaincre. Selon Mohammed Sadiki, la faute en incombe à la récurrence des épisodes de sécheresse, au cours des années précédentes. Une revue de presse de L’Économiste.

Le 01/05/2024 à 20h49

La séance des questions orales, à la Chambre des représentants, le mardi 30 avril dernier, a tourné à la confrontation entre les députés présents dans l’hémicycle et Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, qui n’aura que faiblement réussi à les convaincre.

«Ses réponses n’ont pas été convaincantes», confirme L’Économiste de ce jeudi 2 mai, relayant les propos tenus par le ministre, qui a attribué ces augmentations à la sécheresse sans précédent que le Maroc traverse depuis ces trois dernières années, et qui a fortement affecté l’ensemble des filières agricoles et pastorales.

«Le cheptel national, dans sa diversité, a été impacté en termes d’effectifs et de productivité. Pour la viande rouge, les perturbations des prix ont augmenté d’environ 20%, en raison de la hausse des coûts de production de la viande rouge et de la détérioration de la végétation», indique le quotidien, qui précise que Mohammed Sadiki a aussi expliqué aux députés que, à ces facteurs, s’ajoutait l’augmentation de 50% du prix des aliments pour le bétail.

Pour assurer un approvisionnement stable du marché national, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures, dont le soutien aux aliments pour la production animale continue (orge et aliments composés). Il a aussi fallu, a expliqué le ministre de l’Agriculture, ouvrir et stimuler l’importation, via la suspension des droits de douane appliqués aux bovins pour l’abattage et pour l’engraissement.

Mohammed Sadiki a aussi évoqué l’ouverture de nouveaux marchés pour l’importation de bovins d’Amérique du Sud, à cause de l’offre limitée sur les marchés européens et du coût élevé de leur importation.

Selon L’Économiste, «pour développer la filière de la viande rouge, un contrat-programme a été conclu avec les professionnels de cette filière pour la période 2021-2030».

Cet accord, précise le quotidien, «vise à améliorer la productivité du troupeau, à organiser et mettre à jour les opérations d’abattage, (...), ainsi qu’à développer et moderniser les canaux de commercialisation et de distribution. L’investissement total prévu s’élève à 14,45 milliards de dirhams, dont 8 milliards de contribution de l’État».

Avec ce contrat-programme, le ministère de l’Agriculture compte atteindre les résultats attendus d’ici 2030: produire 850.000 tonnes de viande rouge, faire homologuer 120 abattoirs, et faire augmenter le poids moyen des carcasses à 270 kg pour les vaches, et à 20 kg pour les moutons.

Par Nabil Ouzzane
Le 01/05/2024 à 20h49