Entretien avec Abdessamad Kayouh: «le nouveau terminal de l’aéroport de Casablanca sera livré comme prévu en 2029»

Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la Logistique. (Y.Mannan/Le360)

Le 20/01/2026 à 19h13

VidéoCapacité portée à 40 millions de passagers, nouveaux marchés déjà attribués, TGV intégré et ambitions long-courriers affirmées... L’aéroport Mohammed V de Casablanca s’impose comme l’un des chantiers structurants de la stratégie marocaine de mobilité et d’ouverture internationale. Le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, détaille un calendrier qu’il assure maîtrisé.

Les travaux de construction du nouveau terminal de l’aéroport de Casablanca avancent comme prévu pour livrer l’édifice en 2029, a assuré le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh.

Dans un entretien avec Le360, le ministre a réaffirmé que le nouveau terminal portera la capacité de l’aéroport «portera la capacité de cette infrastructure à 40 millions de voyageurs sachant que l’ensemble des aéroports du Maroc se doteront d’un flux global de 80 millions de personnes».

Le 7 janvier 2025, a-t-il rappelé, le marché pour la construction des bâtiments du nouvel aéroport a été attribué à une entreprise marocaine pour un montant d’environ 12,8 milliards de dirhams et le coup d’envoi des travaux a été donné le 31 mars. Selon lui, s’y ajoutent les travaux de construction d’une nouvelle piste aux normes internationales, capable d’accueillir tous les gros avions.

Tous ces travaux devraient s’achever en janvier 2029, pour jouer «leur rôle dans l’ouverture du Royaume du Maroc sur des destinations très lointaines pour lesquelles il fallait auparavant passer par l’Europe pour atteindre le Maroc».

Le ministre a par ailleurs évoqué Royal Air Maroc, dont la flotte va passer de 60 avions à 200 avions, avec des appareils de grande taille pour les longs-courriers. Il a aussi rappelé que RAM relie actuellement Pékin, la capitale de la Chine. Cet été, elle reliera Los Angeles à Casablanca en 14 heures, en attendant, selon lui, d’autres capitales très lointaines à travers lesquelles le reste du Maroc continuera d’être relié au monde via Casablanca.

L’aéroport Mohammed V, dans sa nouvelle version, sera central, a estimé le ministre du Transport. Il abritera par ailleurs une nouvelle gare pour le train à grande vitesse (TGV) qui reliera le cœur de l’aéroport Mohammed V au cœur de Marrakech en 55 minutes et reliera le cœur du nouvel aéroport Mohammed V à Rabat en 35 minutes. Rabat sera elle-même reliée à Tanger en une heure.

Ainsi, le système de transport et de mobilité à l’intérieur du Maroc, a ajouté Abdessamad Kayouh, connaîtra un grand changement, bien sûr grâce à la connexion ferroviaire, aux aéroports et naturellement grâce aux grands chantiers autoroutiers. «Comme vous l’avez suivi récemment», a-t-il dit, «l’ouverture de l’autoroute reliant Mohammedia à Berrechid a réduit le temps de trajet qui était nécessaire entre Rabat et l’aéroport Mohammed V».

«Nous tenons à remercier le ministère de l’Équipement et de l’Eau qui a pu livrer ce tronçon 6 mois avant le délai qui était fixé», a-t-il conclu.

Au-delà des chiffres et des délais, c’est une nouvelle géographie de la mobilité marocaine qui se dessine: Casablanca comme hub continental, le rail comme colonne vertébrale et l’aérien comme levier d’une projection directe vers les grands pôles du monde. 2029 est annoncé comme une échéance. Elle pourrait bien devenir un basculement.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 20/01/2026 à 19h13