Énergies: le retard des réformes coûte près de 5 milliards de dirhams au Maroc

La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, répond à une question orale à la Chambre des représentants, le 9 décembre 2021. . MAP

Lors de son exposé à la Chambre des conseillers ce mardi 25 janvier 2022, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a fait le point sur la stratégie énergétique du Royaume. Retour sur les principaux points à retenir.

Le 26/01/2022 à 11h50

Le retard de mise en œuvre des programmes de réforme du secteur énergétique a coûté près de 5 milliards de dirhams au Maroc, soit 10% de la facture énergétique nationale en 2021, a indiqué la ministre de la Transition énergétique, ce mardi 25 janvier, devant les députés de la deuxième Chambre, lors de la séances des questions orales.

Pour pallier ce manque à gagner, Leila Benali a fait savoir que la tutelle travaille pour accélérer les différentes réformes en cours, notamment en matière de simplification des procédures d’expropriation des terres pour cause d'utilité publique afin de faire avancer la mise en œuvre des chantiers énergétiques dans les différentes régions du Royaume.

D'autres textes sont également en discussion dont la loi n° 40-19 modifiant et complétant la loi n° 13-09 relative aux énergies renouvelables. Le but est d’accompagner les entreprises de services énergétiques, d'étudier l’impact de la consommation énergétique au Maroc et de soutenir la rationalisation de la consommation d'énergie dans les administrations et établissements publics et les collectivités territoriales.

L’objectif du mix énergétique atteint avant 2030La ministre de tutelle s’est par ailleurs réjouie de l’avancement de la stratégie nationale de décarbonation, notant que le Maroc peut désormais dépasser son objectif de 52% du mix énergétique avant 2030. 

«Nous avons aujourd’hui 61 projets en cours avec une capacité de 4,6 gigawatts pour un investissement de 53 milliards de dirhams», indique la ministre soulignant toutefois que ce volume reste relativement insuffisant.

D’autres programmes sont ainsi en cours de déploiement par le ministère pour soutenir l’investissement dans les énergies renouvelables. Il s’agit notamment d’un programme de 400 mégawatts pour la production d’énergie photovoltaïque, destiné au soutien des PME et à la création des emplois. Il est également question d’alimenter la prochaine station de dessalement de l’eau de mer à Dakhla en énergie renouvelable, grâce à l'exploitation de l'énergie éolienne.

La tutelle travaille également sur l’alimentation des zones d’accélération industrielles en énergie propre. Il s’agit dans un premier temps de la zone d’accélération industrielle de Kénitra avec une capacité de production de 160 GWh. D'autres projets similaires suivront pour atteindre dans d'autres zones jusqu’à 800 GWh, précise Leila Benali.

Fermeture du gazoduc: une opportunitéPour ce qui est du gaz naturel, Leila Benali estime que la fermeture du gazoduc entre le Maroc et l’Europe a été une opportunité pour revoir la feuille de route gazière du pays au moment où la commission européenne a considéré le gaz comme une énergie de transition.

«L'accès au marché du gaz naturel international devrait accélérer le développement des énergies renouvelables au Maroc, puisqu’il garantit la flexibilité de la production nécessaire pour préparer une sortie définitive du charbon et une décarbonation de l’industrie et de la logistique», explique Leila Benali notant que «80% de la demande nationale en énergie en 2021 a été couverte par le charbon, le fuel et le diesel en plus des importations». 

Et d’ajouter: «l'accès au marché international du gaz permettra également de réduire de près d’un tiers les 5 milliards de la facture additionnelle énergétique du Royaume tout en réduisant le coût de production».

Revenant sur la prospection gazière, la ministre a indiqué que la stratégie de transition énergétique du Maroc devra être complètement indépendante des projets de recherche et de prospection dans le domaine des hydrocarbures en général, notant que «les réserves actuelles n’ont pas encore atteint le niveau requis qui devrait constituer au minimum 30 ans de la demande nationale en gaz ou en pétrole».

Par Safae Hadri
Le 26/01/2022 à 11h50