Casablanca: les prix de la viande s’envolent, l’agneau franchit la barre des 130 dirhams

Chez Abdelilah Boukheit, boucher et responsable du marché Jemiaa à Casablanca. (A.Gadrouz/Le360)

Le 06/03/2026 à 18h07

VidéoÀ Casablanca, Ramadan est marqué par une envolée des prix de la viande rouge, particulièrement l’ovin. Au cœur du marché «Jemiaa», si l’offre reste abondante, la ferveur habituelle se heurte à une réalité économique difficile: entre inflation et baisse du pouvoir d’achat, les consommateurs se font plus rares et les paniers de course moins remplis.

Au marché «Jemiaa» à Casablanca, l’activité commerciale conserve son agitation caractéristique du mois sacré, mais l’affluence demeure plus timide que les années précédentes. Entre les étals de viande fraîche et les discussions animées entre commerçants et clients, un constat revient souvent: les prix ont augmenté, tandis que le pouvoir d’achat peine à suivre.

Selon les professionnels du marché, la hausse reste toutefois dans la norme saisonnière. «Cette augmentation reste tout à fait habituelle pendant le mois de ramadan. Chaque année, les prix connaissent une légère montée à cette période», déclare Abdelilah Boukheit, boucher et responsable du marché Jemiaa à Casablanca.

Dans le détail, la viande bovine a enregistré une hausse d’environ 20 dirhams par kilogramme. Quant à la viande ovine, elle atteint désormais 130 dirhams le kilo, soit une augmentation significative par rapport aux semaines ayant précédé le début du Ramadan.

«Au niveau des abattoirs de gros, le prix du mouton tourne autour de 120 dirhams le kilo, tandis que la viande bovine se situe entre 90 et 95 dirhams. Cette évolution explique la hausse observée chez les marchands», ajoute-t-il.

Sur les étals, les clients trouvent aussi bien de la viande locale que de la viande importée, notamment en provenance de France. «Il existe une différence, à la fois au niveau du prix et de la qualité. La viande locale est généralement plus savoureuse, alors que la viande importée présente souvent une couleur plus foncée», précise le responsable.

Malgré cette offre diversifiée et une disponibilité jugée satisfaisante par les professionnels, la demande reste modérée. «Tout dépend évidemment des moyens de chaque citoyen et de son budget. Aujourd’hui, le pouvoir d’achat est plus faible que les années précédentes, ce qui explique cette baisse d’affluence pendant Ramadan», ajoute Abdelilah Boukheit.

«Pendant ce Ramadan, la viande hachée est à 120 dirhams, les côtelettes à 140 dirhams, et la viande de mouton tourne autour de 130 dirhams. Les prix ont clairement augmenté», confirme Yousra El Kadmiri, femme bouchère au marché Jemiaa.

La professionnelle rappelle qu’il y a encore peu de temps, les tarifs étaient bien plus accessibles. «Avant, nous vendions la viande de mouton autour de 100 dirhams, parfois 110 dirhams pour la viande à cuire», explique-t-elle. «Les gens souffrent un peu cette année, les prix sont élevés pour beaucoup de familles», admet la bouchère.

Certains produits, pourtant très appréciés pendant Ramadan, deviennent également difficiles d’accès. «La cervelle de mouton est vendue environ 50 dirhams, alors qu’un prix plus raisonnable serait autour de 25 dirhams pour les consommateurs», précise-t-elle.

Malgré tout, certaines préparations continuent d’attirer les clients fidèles du marché. «Les Marocains aiment beaucoup la viande hachée et les saucisses, ce sont les produits qui se vendent le plus. Ils apprécient aussi le foie, les côtelettes et parfois les abats, chacun choisit selon ses goûts», conclut Yousra El Kadmiri.

Par Achraf El Hassani et Adil Gadrouz
Le 06/03/2026 à 18h07