Agriculture: des pluies salvatrices mettent fin à de longues années de sécheresse dans l’Oriental

Une terre agricole dans la région de l'Oriental. (M.Chellay/Le360)

Le 17/02/2026 à 10h13

VidéoAprès plusieurs années de stress hydrique, la région de l’Oriental revit enfin et renoue avec l’espoir agricole. Grâce à des précipitations régulières et bien réparties, le cumul pluviométrique a atteint 155 millimètres depuis le début de la saison. Un tournant décisif pour les cultures, les parcours et l’élevage, comme l’explique Mohamed El Yacoubi, directeur régional de l’Agriculture, qui dresse un premier bilan résolument optimiste.

Après des campagnes successives fragilisées par la sécheresse, la saison agricole actuelle s’impose comme un répit dans l’Oriental. Depuis le début de l’année hydrologique, les pluies ont progressivement redessiné le paysage rural, redonnant aux terres leur teinte verte et aux agriculteurs une confiance longtemps mise à l’épreuve. Avec un cumul de 155 mm, la région enregistre des indicateurs que l’on n’avait plus observés depuis plusieurs années.

«L’importance de cette campagne ne réside pas uniquement dans le volume des précipitations, mais surtout dans leur qualité et leur répartition dans le temps», déclare Mohamed El Yacoubi, directeur régional de l’Agriculture de l’Oriental. Selon lui, près de 85% des pluies sont tombées sur une période relativement courte, entre la mi-décembre et la mi-février, sous forme de précipitations modérées et régulières. «Cette configuration a permis d’éviter les dégâts que provoquent habituellement les pluies intenses sur les infrastructures agricoles et les équipements hydro-agricoles», ajoute-t-il.

Sur le terrain, les effets de cette pluviométrie maîtrisée se font déjà sentir. Le couvert végétal s’est nettement amélioré, offrant un soutien précieux aux cultures d’automne et de printemps. Les parcours ont, eux aussi, retrouvé une vitalité salvatrice pour l’élevage. «Cette situation se traduit par une amélioration notable des pâturages, ce qui allège considérablement les charges liées à l’alimentation du bétail», confirme-t-il.

La répartition géographique des pluies vient renforcer ce constat encourageant. Dans les zones du nord de la région, notamment Nador et Berkane, les cumuls ont oscillé entre 185 et 208 mm. Des niveaux particulièrement bénéfiques pour ces territoires dotés de grands périmètres irrigués. Les cultures sucrières, le maraîchage et les vergers y trouvent des conditions propices à une production soutenue. «Ces apports auront un impact direct sur la productivité des exploitations et sur la stabilité de l’offre agricole», souligne le responsable régional.

Plus au centre de l’Oriental, dans les provinces de Guercif, Driouch, Taourirt et Oujda, les précipitations, comprises entre 105 et 165 mm, sont jugées suffisantes pour relancer les cultures «bour». Les céréales, tout comme l’olivier et l’amandier, fortement dépendants des pluies saisonnières, montrent des signes de reprise encourageants. «Ces indicateurs nous permettent d’anticiper une campagne moyenne à bonne, nettement meilleure que les précédentes», précise Mohamed El Yacoubi.

Ce contraste maîtrisé entre zones irriguées et zones pluviales traduit, selon lui, un équilibre positif à l’échelle régionale. Un équilibre qui profite à l’ensemble des acteurs de la chaîne agricole, des exploitants aux coopératives, en passant par les exportateurs. «Si les conditions climatiques restent stables et modérées durant le reste de la saison, les perspectives sont réellement prometteuses», ajoute-t-il.

Après près de neuf années de tension hydrique, l’Oriental amorce ainsi une lente mais tangible reconquête de son potentiel agricole. «La région retrouve progressivement sa vitalité», conclut Mohamed El Yacoubi, tout en appelant à la vigilance. Pour lui, la pérennité de cette dynamique reste étroitement liée à une gestion rationnelle de l’eau et à un accompagnement technique renforcé des agriculteurs, afin de transformer ces signaux positifs en acquis durables.

Par Mohammed Chellay
Le 17/02/2026 à 10h13