Le roller disco de Martine Patine s’achève ce samedi à Agadir

Lors de la première date de l'évènement Martine Patine, le 20 juin dans la cour de l'Institut français de Tanger.

Le collectif français Martine Patine sillonne depuis une semaine les différentes villes du pays dans le cadre de la saison culturelle de l’Institut français. À travers des roller parties géantes mêlant musique, danse et mobilité douce, la troupe a réuni des centaines de participants de tous âges autour d’un concept festif, inclusif et résolument urbain. Dernière étape de cette tournée: Agadir, ce samedi 27 juin.

Le 26/06/2026 à 18h13

Sur une place publique, une promenade en bord de mer ou au cœur d’un parc, la scène est toujours la même: des dizaines de personnes chaussent leurs rollers, la musique s’élève et l’espace se transforme en gigantesque piste de danse à ciel ouvert. C’est la formule de Martine Patine, collectif français qui remet au goût du jour l’esprit roller disco des années 80 tout en y insufflant une énergie contemporaine.

Invité par l’Institut français du Maroc dans le cadre de sa saison culturelle 2025-2026 dédiée à la jeunesse, le collectif a posé ses roulettes dans plusieurs villes du Royaume. Après Tanger, Salé et Kénitra, et malgré l’annulation de l’étape casablancaise, l’aventure se clôture ce samedi à Agadir.

Derrière le projet, on retrouve une équipe de danseuses, danseurs et DJs qui sillonnent la France tout au long de l’année avec un objectif simple: faire danser le public...en rollers. «Notre petit bonheur, c’est d’organiser des roller parties. On débarque avec nos platines, notre univers, et des patins plein les bras pour une seule mission: faire danser tout le monde sur roulettes», déclare Kévin Ringeval, le directeur artistique.

Pour permettre au plus grand nombre de participer, Martine Patine transporte plus de 200 paires de rollers quads, ces modèles vintage à quatre roues emblématiques de la culture roller disco. Chaque événement se déroule sur plusieurs heures et mêle initiation, danse, musique et performances.

L’histoire du collectif remonte à quelques années, dans un lieu culturel parisien baptisé L’Aérosol. À l’époque, l’équipe organisait régulièrement des soirées dédiées au roller. «Au début, nous n’étions pas sûrs que cela fonctionne. Finalement, tous les vendredis soirs, nous accueillions entre 800 et 1000 personnes», raconte Kevin Ringeval. Lorsque le lieu ferme ses portes, le collectif décide alors de prendre la route. «Nous avions acheté beaucoup de rollers. Nous avons donc choisi d’aller directement à la rencontre des publics. Le concept est devenu itinérant alors qu’il était initialement installé dans un lieu fixe», poursuit-il.

Au Maroc, l’accueil du public a largement dépassé les attentes des organisateurs. Entre enfants, adolescents et familles, les différentes étapes ont attiré une foule nombreuse. «À Tanger comme à Salé, nous avons accueilli énormément de monde», affirme le responsable. «Nous avons été très surpris de constater qu’il existe ici une véritable culture de la glisse. Beaucoup de personnes pratiquent déjà le roller, même s’il s’agit davantage de rollers en ligne que de rollers quads», partage-t-il.

Au-delà de son aspect festif, le projet véhicule également un message en faveur des mobilités douces. Dans des villes de plus en plus adaptées aux déplacements alternatifs grâce aux pistes cyclables et aux aménagements urbains, le roller est présenté comme une option ludique, écologique et accessible. «Aujourd’hui, il est nécessaire de repenser nos modes de déplacement en ville. Le roller peut constituer une véritable alternative pour certains trajets urbains. C’est une façon agréable de se déplacer tout en profitant de l’espace public», explique-t-il.

Mais ce qui fait surtout la singularité de Martine Patine, c’est son caractère inclusif. Débutants et pratiquants confirmés partagent la même piste, sans compétition ni jugement. «C’est un rendez-vous où tout le monde se retrouve ensemble. Les gens peuvent tomber sans que personne ne se moque d’eux, essayer des figures, apprendre, progresser et simplement passer un bon moment. C’est un concept profondément inclusif», confirme-t-il.

Derrière le nom original de Martine Patine se cache une simple anecdote familiale devenue l’identité de la marque. «Martine est ma maman», confie Kevin Ringeval.. «Un soir, alors que je cherchais une rime avec le mot ‘patine’, elle m’a lancé spontanément: ‘Martine Patine’. Le nom nous a fait rire immédiatement, et il est finalement resté», conclut-il.

Par Ryme Bousfiha
Le 26/06/2026 à 18h13