A voir: «La Mer au loin» de Saïd Hamich Benlarbi, une œuvre intimiste sur l’exil, dans les salles de cinéma

L'équipe du film La Mer au loin durant l'avant-première le 20 janvier au Megarama de Casablanca. (K.Essebbar/Le360)

Le 22/01/2026 à 13h40

VidéoPrésenté en avant-première mardi 20 janvier 2026 au Megarama de Casablanca, «La Mer au loin», deuxième long métrage de Saïd Hamich Benlarbi, est projeté dans les salles de cinéma marocaines depuis hier mercredi 21 janvier. Le film explore avec sensibilité l’expérience de l’exil marocain en France dans les années 1990.

Le cinéma du Megarama de Casablanca a accueilli, mardi 20 janvier 2026, l’avant-première du film marocain «La Mer au loin», en présence de son réalisateur Saïd Hamich Benlarbi, des comédiens, ainsi que de nombreux professionnels et passionnés de cinéma. Dans une déclaration pour Le360, le réalisateur a révélé que le film s’inspire largement de sa propre trajectoire.

«‘La Mer au loin’ est une expérience sur l’exil à Marseille dans les années 1990. Mon objectif était de partager, avec sincérité et générosité, la vie de l’exil telle que je l’ai vécue et observée en France», explique-t-il.

Saïd Hamich Benlarbi raconte avoir quitté Fès pour la France dans les années 1990, alors qu’il était encore très jeune. «La présence de la communauté marocaine dans les quartiers périphériques de Marseille, la musique raï et l’atmosphère de cette époque sont restées longtemps ancrées dans ma mémoire», confie-t-il.

Et d’ajouter: «Lorsque j’ai décidé de porter cette expérience à l’écran, les couleurs et l’esprit des années 1990 se sont imposés naturellement. C’est pour cette raison que j’ai choisi d’y situer l’action du film».

De son côté, l’acteur Ayoub Gretaa, qui signe avec La Mer au loin son premier rôle sur grand écran, a exprimé sa joie de voir le film projeté au Maroc.

«C’est mon premier film et je suis très heureux qu’il soit présenté dans les salles marocaines, pour être vu par le public marocain», déclare-t-il.

Selon lui, le film résonne avec l’histoire de nombreuses familles marocaines. «Chacun de nous a un proche qui a émigré, a disparu pendant des années, puis est revenu», souligne-t-il, avant d’ajouter: «C’est un film profondément marocain, qui parle de l’exil, de l’identité et de cette perte d’équilibre que ressent l’être humain lorsqu’il ne se sent appartenir ni à sa terre natal ni à son pays d’accueil».

Pour incarner Nour, l’acteur principal a dû s’immerger totalement dans les nuances du personnage, tant linguistiques qu’émotionnelles: «Ce rôle a exigé une endurance particulière, notamment pour jongler entre la darija de l’Oriental et la langue française. J’habitais le personnage au point de le retrouver jusque dans mes rêves», confie-t-il. Fidèle au conseil de son professeur Abdellatif Moubaraki, il a abordé ce projet avec une intensité rare: «J’ai réalisé ce film avec le cœur, en me disant: fais chaque œuvre comme si c’était la première et la dernière.»

À ses côtés, Nisrin Erradi souligne l’importance de sa partition, bien que brève. «Mon rôle est court, mais son impact est déterminant pour le déroulement du récit», explique la comédienne. Pour elle, accepter ce projet était une évidence, fruit d’une complicité de longue date avec le réalisateur: «Ce n’était pas une prise de risque. Saïd et moi sommes amis depuis nos débuts, à l’époque de son projet de fin d’études.»

Quant à Fatima Atif, elle prête ses traits à la mère de Nour, un personnage tout en retenue et en douleur. «Elle incarne l’attente. Mais au retour de son fils, le choc est inévitable: elle se heurte à des choix qu’elle ne peut valider», glisse l’actrice, laissant au spectateur le soin de découvrir ce dénouement à l’écran.

Deuxième long-métrage de Saïd Hamich Benlarbi, La Mer au loin nous plonge dans le Marseille des années 1990. On y suit la trajectoire de Nour, un jeune Oujdi de 27 ans émigré clandestinement. Entre la précarité des petits boulots et l’effervescence des nuits rythmées par le raï, son destin bascule lors de sa rencontre avec Serge, un policier français.

Porté par un casting prestigieux — Ayoub Gretaa, Anna Mouglalis, Grégoire Colin et Nisrin Erradi —, le film s’est déjà forgé un solide palmarès international. Après avoir brillé à la Semaine de la Critique à Cannes et lors du Festival International du Film de Marrakech, il a triomphé au Festival National du Film de Tanger en décrochant le Grand Prix, ainsi que les prix de la réalisation et du scénario.

Une œuvre poignante à découvrir sans plus attendre: le film est à l’affiche dans les salles nationales depuis ce mercredi 21 janvier 2026.

Par Hafida Ouajmane et Khadija Essebbar
Le 22/01/2026 à 13h40