Les rues et avenues de Salé connaissent une prolifération alarmante de vendeurs ambulants qui exposent leurs marchandises sur les trottoirs et aux abords des chaussées, remettant au premier plan la problématique persistante de l’occupation illégale du domaine public. «Cette situation met en lumière la difficulté d’organiser les activités commerciales non réglementées, ainsi que les répercussions directes de ces pratiques sur la fluidité de la circulation, les déplacements des citoyens et l’attractivité des espaces urbains où affluent quotidiennement de nombreux clients», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du vendredi 30 octobre.
La multiplication des charrettes à bras et des étalages anarchiques au cœur des espaces urbains soulève de sérieuses interrogations quant à l’efficacité des mesures prises pour réglementer le commerce ambulant, notamment face à la persistance des occupations illégales. Ce phénomène entraîne l’accaparement des trottoirs initialement réservés aux piétons et transforme certains lieux en véritables marchés où des marchandises sont exposées et vendues quotidiennement. Il porte ainsi atteinte à l’esthétique de la ville et entrave l’exercice du droit des citoyens à circuler en toute sécurité.
Les répercussions de cette situation ne se limitent pas à l’aspect esthétique : elles concernent également les déplacements des habitants, en particulier des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et des mères accompagnées d’enfants. «Ces usagers se retrouvent contraints de quitter les trottoirs pour emprunter les voies réservées aux véhicules, ce qui risque d’accentuer les encombrements routiers et de créer des goulots d’étranglement, notamment pendant les périodes de forte activité commerciale», souligne Al Akhbar.
Face à cette situation complexe, les autorités locales et le conseil communal doivent relever un défi permanent : concilier la libération du domaine public et la fluidité du trafic avec la préservation des conditions socio-économiques des populations vulnérables qui dépendent de la vente ambulante pour subsister. Les interventions purement sécuritaires ou ponctuelles se révèlent insuffisantes pour endiguer durablement ce phénomène si elles ne s’accompagnent pas de solutions organisationnelles et sociales pérennes, capables d’offrir des alternatives viables aux vendeurs tout en restaurant l’ordre public.
Dans cette optique, certains acteurs de la société civile plaident pour une approche globale consistant à définir des espaces dédiés au commerce ambulant et à organiser leur exploitation selon des règles claires et transparentes. Cette démarche souligne la nécessité de proposer des alternatives concrètes aux marchands tout en renforçant le contrôle des occupations illégales du domaine public. Elle appelle ainsi à une coordination continue entre les différentes parties prenantes afin de concilier l’activité commerciale avec le droit fondamental des citoyens à utiliser les espaces publics de manière sûre et ordonnée.




