Les pluies ayant frappé l’Espagne et le Maroc début 2026 amplifiées par le réchauffement climatique (étude)

Intempéries à Sidi Kacem: les FAR évacuent des habitants du douar Darkaoua le 9 février 2026. (Le360)

Le changement climatique a intensifié les pluies torrentielles qui ont touché la péninsule ibérique et le Maroc début 2026, faisant des morts et contraignant des dizaines de milliers de personnes à quitter leur domicile, selon une étude de climatologues publiée jeudi.

Le 26/02/2026 à 09h24

Les journées les plus pluvieuses de la région sont désormais autour de 30% plus humides qu’à l’époque préindustrielle, lorsque le climat était 1,3°C plus frais, selon ce rapport de World Weather Attribution (WWA), un groupe de scientifiques qui étudient le lien entre événements météorologiques extrêmes et changement climatique.

Neuf tempêtes ont entraîné des pluies torrentielles et des vents violents sur l’Espagne, le Portugal et le Maroc entre le 16 janvier et le 17 février, faisant plus de 50 morts et contraignant plus de 200.000 personnes à fuir leur domicile, principalement au Maroc.

À Grazalema, l’une des municipalités les plus durement touchées du sud de l’Espagne, l’équivalent de plus d’une année de précipitations normales est tombé en seulement quelques jours, selon WWA.

«Le volume d’eau observé dans des endroits comme Grazalema était stupéfiant», a déclaré David García-García, climatologue à l’Université d’Alic

ante et coauteur de l’étude, qualifiant la situation de «choc massif» pour les infrastructures et les sols.

«C’est exactement à cela que ressemble le changement climatique: des régimes météorologiques qui étaient autrefois gérables se transforment maintenant en catastrophes beaucoup plus dangereuses», a abondé Friederike Otto, de l’Imperial College de Londres.

WWA estime que l’intensité des précipitations est aujourd’hui environ 11% plus élevée dans le nord du Portugal et le nord-ouest de l’Espagne que pendant la période préindustrielle.

Les chercheurs n’ont pas pu déterminer l’impact du changement climatique sur les précipitations dans le sud de la péninsule ibérique et le nord du Maroc, les données disponibles montrant des tendances contrastées dans ces régions.

Selon WWA, un système anticyclonique «bloqué» au-dessus de la Scandinavie et du Groenland avait généré début 2026 «tempête sur tempête» en Europe de l’Ouest, entraînant des conditions plus humides que la normale.

Des eaux anormalement chaudes dans l’Atlantique, à l’ouest de la péninsule Ibérique, ont «suralimenté» les tempêtes en humidité, a ajouté l’organisme.

WWA est pionnier dans le domaine de la science de l’attribution, qui utilise des méthodes évaluées par les scientifiques pour mesurer rapidement l’influence possible du changement climatique sur les phénomènes météorologiques extrêmes.

Cela permet de comparer une sécheresse ou une inondation actuelle à des simulations représentant le climat avant que l’humanité ne commence à brûler des combustibles fossiles dans les années 1800.

WWA a examiné les données météorologiques – en l’occurrence les épisodes de précipitations journalières les plus extrêmes dans les trois pays – et transposé les tendances jusqu’à l’ère préindustrielle afin d’évaluer comment ce type d’événement a évolué au fil du temps.

Par Le360 (avec AFP)
Le 26/02/2026 à 09h24