El Jadida: après six ans d’attente, la restauration de la Citerne portugaise relancée

La citerne d'El Jadida, édifiée par des Portugais au début du XVIe siècle.

Revue de presseAprès plus de six ans de fermeture de ce site touristique, et plusieurs années de reports des travaux, le chantier de la restauration de la Citerne portugaise d’El Jadida, construite au XVIe siècle et patrimoine mondial de l’Unesco, devrait prochainement reprendre. Le budget en avait été estimé à 25 millions de dirhams. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 13/04/2026 à 20h35

Fermée depuis 2021 pour des raisons de sécurité, la Citerne portugaise d’El Jadida, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, rouvrira bientôt ses portes aux touristes et visiteurs. Les premiers signes d’un redémarrage des travaux, restés inachevés, ont été constatés ces dernières semaines, et les habitants, les professionnels du tourisme et les défenseurs du patrimoine se disent soulagés, relaie Assabah de ce mardi 14 avril, qui rappelle que les embûches ont été nombreuses, essentiellement dues à des retards administratifs et diverses complexités techniques, qui ont retardé ce projet de restauration.

«Construit au XVIe siècle par des Portugais, ce réservoir d’eau souterrain est un chef-d’œuvre d’ingénierie, esthétique et fonctionnel. Ses voûtes élancées, ses piliers massifs et son atmosphère mystérieuse en ont fait l’un des sites les plus visités du Maroc», rappelle Assabah. Cependant, des études techniques menées entre 2019 et 2020 ont révélé des dégradations alarmantes dans l’édifice: «l’érosion des sols, la corrosion des piliers et les infiltrations d’eau de pluie menaçaient non seulement l’intégrité du monument, mais aussi la sécurité des visiteurs», signale le quotidien. Ces risques ont conduit les autorités à fermer le site, plongeant l’ensemble de ceux qui en dépendent économiquement dans des situations précaires. Le quotidien signale que «la restauration d’un tel monument n’est pas une mince affaire. Contrairement à une simple rénovation, elle exige une expertise pointue, capable de préserver l’authenticité architecturale tout en consolidant la structure. C’est pourquoi le ministère de la Culture a fait appel à des experts portugais, héritiers des techniques utilisées lors de sa construction».

Malgré l’urgence de l’initiation des travaux de restauration et de réhabilitation à effectuer, et l’annonce d’un budget de 25 millions de dirhams, le projet a par la suite accumulé les retards. Ce sont surtout, indique Assabah, des «lenteurs administratives, inhérentes aux marchés publics, [qui] ont joué un rôle clé: appels d’offres, études complémentaires, validations successives… Autant d’étapes qui ont étiré le calendrier sur des années».

Un militant associatif à El Jadida a affirmé au quotidien qu’«on avait l’impression que les dossiers tournaient en rond», expliquant qu’«entre le ministère de la Culture, celui de l’Urbanisme et les autorités régionales, les décisions mettent un temps fou à être prises».

Autre obstacle, une volonté manifestée par les autorités de «ne pas se limiter à la citerne, mais d’intégrer sa restauration dans un projet plus large de réhabilitation du quartier portugais», écrit le quotidien. Une décision louable, selon Mohamed Ziane, président de l’Association du Quartier Portugais. Interrogé par Assabah, il a affirmé qu’«on ne peut pas restaurer la Citerne sans penser à son environnement», car «les ruelles, les remparts, les autres monuments… Tout est lié». C’est donc «une approche globale, qui, bien que nécessaire, [qui] a retardé le démarrage des travaux, au grand dam des commerçants et des guides touristiques, dont les revenus ont drastiquement chuté depuis la fermeture du site», signale le quotidien.

Cependant, «ces dernières semaines, des ouvriers équipés de casques et de gants ont été aperçus sur place, signe que les choses bougent enfin», écrit Assabah, qui relaie cette déclaration de Mohamed Ziane: «une entreprise spécialisée dans la restauration des monuments historiques, basée à Fès, a été retenue».

«Son responsable nous a assuré que les travaux débuteraient sous peu», a-t-il ajouté. Parmi les priorités des travaux à mener, la «consolidation des voûtes fissurées, la réparation des infiltrations et la restauration des galeries adjacentes, comme celle de l’artiste Chaïbia Tallal ou celle dédiée au sociologue Abdelkébir Khatibi», signale le quotidien, écrivant que ce sera «tout le quartier portugais qui devrait bénéficier d’un lifting». En effet, explicite Assabah, «les infrastructures vétustes seront rénovées, les réseaux électriques et d’assainissement modernisés, et les abords du site réaménagés pour fluidifier la circulation des visiteurs. L’objectif est de faire de ce lieu un pôle touristique attractif, tout en préservant son âme historique».

Pour les habitants d’El Jadida, cette annonce a fait l’effet d’une véritable «bouffée d’oxygène», relaie le quotidien, indiquant que «les professionnels du tourisme attendent eux aussi avec impatience sa réouverture, [mais se demandent] si les promesses seront tenues», puisque les précédents retards les ont incités à rester prudents, bien que l’amorce de la reprise des travaux de réhabilitation et de restauration soient encourageants. Si tout se déroule comme prévu, annonce Assabah, «la citerne portugaise pourrait rouvrir ses portes d’ici quelques mois, offrant aux visiteurs une plongée dans l’histoire, enfin préservée pour les générations futures».

Par La Rédaction
Le 13/04/2026 à 20h35