Doukkala: hausse du prix des fruits et légumes, malgré les pluies

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Revue de presseLes consommateurs des provinces d’El Jadida et Sidi Bennour subissent une hausse spectaculaire des prix des fruits et légumes, avec des carottes et des oignons multipliant leur coût par cinq ou six. Si le retour des pluies aurait dû soutenir la production agricole, les difficultés logistiques, le froid et la spéculation freinent encore l’approvisionnement et mettent à rude épreuve le pouvoir d’achat des ménages. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 07/01/2026 à 19h32

Les prix des fruits et légumes est caractérisé, depuis la fin de l’année dernière ainsi qu’en ce début d’année, par une augmentation significative. Les marchés des provinces d’El Jadida et de Sidi Bennour sont particulièrement touchés par une flambée des prix sans précédent, ce qui mécontente les acheteurs, qui se demandent quelles sont les raisons de cette soudaine cherté des prix, malgré le retour des pluies, après six années de sécheresse.

Plusieurs légumes très demandés, dont les carottes, les oignons et les tomates, ont enregistré des hausses qualifiées de «vertigineuses» écrit Assabah de ce jeudi 8 janvier. Cette situation a surpris les consommateurs qui, avec le retour de la pluie, considérée comme un facteur positif pour l’agriculture, espéraient une baisse progressive des prix. Or, les effets bénéfiques des pluies restent conjoncturels, et nécessitent du temps avant de se répercuter positivement sur l’approvisionnement des marchés et la stabilité des prix.

Dans la majorité des marchés, quotidiens et hebdomadaires, les prix ont atteint des niveaux élevés: le kilo de carottes est monté jusqu’à 15 dirhams, l’oignon s’est vendu entre 10 et 12 dirhams, alors qu’il ne dépassait pas 2 dirhams lors de périodes précédentes. Cette flambée provoque une vague de colère et d’indignation parmi les consommateurs, et beaucoup ne peuvent plus se permettre l’achat de certains légumes, comme les poivrons, les petits pois et les haricots, dont le prix dépasse 16 dirhams le kilo. Les fruits sont également touchés par cette hausse, comme les pommes, les poires et les avocats. Les difficultés de leur récolte et de leur transport sont l’une des principales causes de cette hausse, indique le quotidien. Les fortes pluies rendent l’accès aux exploitations agricoles particulièrement compliqué, notamment dans les zones rurales dépourvues de pistes aménagées.

La persistance des précipitations empêche parfois l’extraction de la production à cause de la boue, du manque de main-d’œuvre et de la détérioration d’une partie des récoltes, causée par l’excès d’eau qui favorise la pourriture. Cette situation entraîne des retards dans la récolte, voire la perte de volumes importants, ce qui réduit l’offre sur les marchés de gros et exerce automatiquement une pression à la hausse sur les prix. À cela, s’ajoutent l’augmentation des coûts de transport et de stockage, sans oublier le rôle des intermédiaires et des spéculateurs, accusés de gonfler artificiellement les prix.

De nombreux consommateurs des provinces d’El Jadida et de Sidi Bennour dénoncent l’absence de mécanismes efficaces de contrôle et de suivi, ainsi que le manque de mesures concrètes pour lutter contre les spéculateurs, qui, selon des témoignages recueillis par Assabah, achètent la production issue des récoltes avant même qu’elle ne soit à maturité, puis les revendent à d’autres intermédiaires alors qu’elle est encore en terre ou sur pied, ce qui multiplie les acteurs de cette chaîne de distribution. Cette pratique engendre une double perte, les producteurs et les consommateurs finaux se retrouvent lésés.

Par ailleurs, la baisse des températures est un autre facteur qui explique l’actuelle hausse des prix. Le froid ralentit le rythme de croissance de plusieurs légumes, dont ceux cultivés en plein champ: pommes de terre, tomates, poivrons, différentes espèces de courges. Mohamed El Amri, agriculteur de la région de Boulaouane, confirme que le froid retarde la maturation de ces légumes, ce qui réduit l’offre au cours de certaines périodes caractérisées par une forte demande. De plus, dans certaines exploitations, inondées à cause des récentes précipitations, l’accès des camions et véhicules de transport est rendu malaisé, ce qui expose les récoltes à des risques accrus de détérioration, a-t-il expliqué, précisant que cette hausse saisonnière est bien connue dans le monde rural. Un proverbe agricole marocain évoque d’ailleurs à ce propos la cherté des légumes en période de fortes pluies.

Un travailleur du marché de gros, interrogé par Assabah, estime que cette augmentation reste temporaire, liée à des facteurs saisonniers. Il prévoit une relative stabilisation des prix avec l’amélioration des conditions climatiques et le retour à un rythme de production normal. Toutefois, la persistance de telles fluctuations révèle l’urgence de moderniser les infrastructures agricoles, d’améliorer les chaînes de stockage et de distribution, de renforcer les mécanismes de régulation, afin d’assurer un meilleur équilibre entre production et prix, et de préserver ainsi le pouvoir d’achat des consommateurs.

Par La Rédaction
Le 07/01/2026 à 19h32