Urbanisme à Casablanca: la maire Rmili demande une commission d'enquête

Nabila Rmili, présidente du conseil de la ville de Casablanca.

Nabila Rmili, présidente du conseil de la ville de Casablanca. . DR

Revue de presseKiosque360. La présidente de la commune urbaine de Casablanca, Nabila Rmili, vient d’adresser une correspondance au wali de la région Casablanca-Settat et au ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, pour établir l’état des lieux des secteurs de l’urbanisme. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 21/11/2022 à 18h52

A Casablanca, la gouvernance locale revient sur le devant de la scène médiatique. Trois secteurs clés de la gouvernance locale viennent de faire l’objet d’une correspondance adressée par la présidente de la commune urbaine de Casablanca, Nabila Rmili, au wali de la région Casablanca-Settat et au ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit.

Dans cette correspondance, la maire de la ville demande à la tutelle d’établir un état des lieux des secteurs de l’urbanisme, des travaux et des terrains non bâtis, d'apporter un diagnostic sur leur fonctionnement et d’appréhender les difficultés rencontrées ainsi que d’éventuels dysfonctionnements et trafics d’influence relatifs à certains dossiers. L’enquête de la tutelle révélera la nature des dossiers évoqués par la présidente de la commune urbaine, notamment dans les deux secteurs de l’urbanisme et des travaux, dont elle a la charge, rapporte le quotidien Assabah dans son édition du mardi 22 novembre.

De même, précisent les sources du quotidien, la maire de Casablanca a demandé aux autorités de tutelle de passer au peigne fin «les terrains agricoles qui bénéficient d’une exonération des taxes au profit de la commune et les autres terrains urbains non bâtis». Ces terrains non bâtis, font savoir les mêmes sources, «sont au cœur d’une polémique entre des élus de la ville qui s'accusent mutuellement». Dans ce cadre, ajoutent les sources d’Assabah, «certains parlent de marchés publics importants orientés au profit d’entreprises nouvellement créées, tandis que d’autres pointent du doigt le service des autorisations d'urbanisme et les parties qui le manipulent».

L’audit demandé par la présidente de la commune urbaine concernera donc ces secteurs et l’impact des dysfonctionnements sur les projets lancés dans la métropole. L’enquête concernera également la gestion et le recouvrement des taxes sur les terrains urbains non bâtis (TNB). Autant dire que les secteurs clés de la gouvernance locale, à Casablanca, seront épluchés par les équipes de l’inspection du ministère de l’Intérieur.

Par Mohamed Younsi
Le 21/11/2022 à 18h52

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On dirait que la mairesse anticipe une confrontation avec les lobbies de l’immobilier, et préférerait impliquer le ministère de tutelle pour effectuer une opération de «déminage»! Si c’est le cas, ce ne serait donc pas une mauvaise idée. Au contraire, une excellente idée même; sachant les opérateurs du secteur de l’immobilier casablancais bien organisés en réseau très influents, à l’image de groupes mafieux italiens. Ils ne céderaient pas un bout de leur fief, sans recourir à leurs méthodes dignes de meutes de loups sauvages. Reste à savoir si le vœux de la mairesse sera exhaussé pour lui faire éviter une défaite annoncée. Normalement, les commissions d’enquête de l’Intérieur sont très bien outillées pour mener à bien leurs missions. Elles disposent surtout d’une mine de renseignements!

@Observer : Ton commentaire est très pertinent..L'immobilier à Casa et dans toutes les grandes villes est un secteur convoité car il engendre des profits rapides en peu de temps, raison pour laquelle il attire les réseaux mafieux qui s'accaparent le foncier disponible.Plus le détournement des règles est important plus le bénéfice augmente. Cette mafia complique ou bloque la politique municipale et nationale du logement, l'aménagement du territoire et des espaces verts, l'application des règles urbanistiques et impacte très négativement la qualité de vie des habitants.C'est donc bien aux plus hautes autorités locales et/ou nationales, au fisc et à la justice d'identifier et de juger sévèrement les divers acteurs civils, administratifs, politiques et économiques etc..composant ces réseaux.

La crise mondiale liée à la pandémie du Covid19 a révélé toutes les forces et les fragilités des pays donc celles du Maroc.Parmi ces fragilités marocaines, liées au confinement, l'anarchie urbanistique, les quartiers populaires surpeuplés, l'habitat précaire ou insalubre, les difficultés à circuler à pied comme en voiture, la propreté , la pollution sonore etc..( et la liste est longue) arrivent en tête..De plus, tout ceci accroît les tensions sociales et défigure les villes dans un Maroc touristique qui envisage dynamiser son potentiel attractif.L'initiative de la Mairesse de Casablanca est donc à saluer et à encourager.Un audit des problèmes quartier par quartier puis à l'échelle de la ville s'impose donc.Espérons que cette initiative aboutisse et soit suivie par d'autres villes.

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