Sebta et Melilla: le Parlement espagnol fait barrage au chantage de Vox

Les députés du parti d'extrême droite espagnol VOX Ivan Espinosa de los Monteros et Santiago Abascal au Congrès des députés espagnol
 

Les députés du parti d'extrême droite espagnol VOX Ivan Espinosa de los Monteros et Santiago Abascal au Congrès des députés espagnol   . AFP

Revue de presseKiosque360. La formation d’extrême droite, Vox, a échoué à faire passer une proposition de loi qui obligerait le Maroc à reconnaître l’hispanité des deux présides occupés. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghrebia.

Le 23/12/2022 à 20h43

Le Parlement espagnol a de nouveau fait barrage aux surenchères extrémistes de la formation d’extrême-droite, Vox. Ce parti vient, en effet, de déposer une proposition de loi incitant le gouvernement à œuvrer pour obtenir une «reconnaissance franche et inconditionnelle», par le Maroc, de «l’hispanité de Sebta et Melilla», écrit le quotidien Al Ahdath Al Maghrebia dans son édition du week-end des 24 et 25 décembre. Pour certains parlementaires de ce parti, une telle initiative du gouvernement espagnol pourrait définitivement «mettre un terme à la volonté du Maroc d’annexer les deux villes».

Ce à quoi les députés, notamment de la majorité et plus particulièrement du parti socialiste au pouvoir, se sont opposés fermement, souligne le quotidien. La proposition en question a été déposée, lundi, à la commission des Affaires étrangères à la Chambre basse des Cortes, le Parlement espagnol. La proposition a été soutenue, relève le quotidien, par le Parti populaire (opposition).

Au passage du vote, poursuit Al Ahdath Al Maghrebia, le texte a été rejeté à 20 voix contre 14. Les partis de la majorité, qui l’ont rejeté en bloc, estiment qu’il s’agit d’une proposition contraire à la loi. Et même en ayant voté pour, le Parti populaire estime, lui, qu'il s'agit d'un «texte qui n’est pas nécessaire». Il est même jugé inutile.

Selon les médias espagnols, cités par le quotidien, la formation Vox, deuxième parti de l’opposition et troisième force politique au Parlement, estime que le Maroc considère les deux présides comme formant partie intégrante de son territoire. Et en toute logique, il ne cessera pas de les réclamer. Et, toujours selon Vox, toutes les tentatives menées par le gouvernement espagnol pour l’en dissuader n’ont pas abouti. Le Maroc étant ferme sur ce point, Sebta et Melilla sont deux présides marocains occupés par l’Espagne.

Les autres formations représentées au Parlement, la majorité notamment, ne voient pas les choses de cette manière. Pour eux, l’initiative du parti Vox s’apparente à du chantage. Elle s’inscrit dans l’escalade entamée par ce parti depuis le changement de la position espagnole sur la question du Sahara.

Quant à l’initiateur de cette proposition, il estime que les gouvernements qui se sont succédé en Espagne n’ont jamais été assez fermes sur cette question. Cela vaut, estime Vox, aussi bien pour les gouvernements dirigés par le PP (droite) que ceux conduits par les socialistes du PSOE. Cela dit, juste avant le vote, le parti populaire avait présenté une proposition de remplacement pour mettre en place des mesures pouvant garantir la «pérennité de la présence économique, sociale et politique» de l’Espagne dans les deux présides. Le PP estime, en effet, que le caractère espagnol des deux présides est discutable. Il n’est donc pas nécessaire de chercher à en obtenir une reconnaissance officielle par le Maroc.

Par Amyne Asmlal
Le 23/12/2022 à 20h43