Sahara: 94 parlementaires français vent debout contre la politique de Macron

Le président français Emmanuel Macron prononçant son discours lors de la table ronde nationale sur la diplomatie au ministère des Affaires étrangères à Paris, le 16 mars 2023.. Copyright 2023 The Associated Press. All rights reserved.

Revue de presseUn groupe de 94 parlementaires français demande au président Emmanuel Macron d’adopter une position franche quant à la question du Sahara marocain, tout comme l’ont fait les Etats-Unis, l’Espagne et l’Allemagne. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 14/08/2023 à 19h51

Suite à la détérioration des relations de la France avec plusieurs pays africains dont, notamment et en première ligne, le Maroc, 94 parlementaires français se sont interrogés, dans une lettre adressée au président Emmanuel Macron, sur la finalité de cette grande léthargie qui altère les relations entre Paris et Rabat. Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia rapporte, dans son édition du 15 août, que les signataires de cette lettre appellent Macron à «prendre une position franche sur la marocanité du Sahara». Un sujet qui envenime les relations franco-marocaines, surtout après les développements qu’a connus ce dossier avec la reconnaissance par les Etats-Unis de la marocanité du Sahara et la prise de position de l’Espagne et l’Allemagne en faveur du plan marocain d’autonomie.

Les parlementaires ont demandé au président français de mettre fin à ces atermoiements et de prendre une position claire sur la question du Sahara marocain, en raison des répercussions que cet immobilisme pourrait avoir sur les relations stratégiques avec le Maroc. Dans cette lettre publiée par le journal Le Figaro, les signataires ont évoqué la reconnaissance par l’Allemagne et l’Espagne de la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Er d’interroger Macron sur les causes de la dégradation manifeste des relations franco-africaines et la perte de terrain sur ce  continent.

Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia souligne que les parlementaires ont exprimé leur regret face au «recul de la langue française dans les pays africains, au profit de la langue anglaise». Et de préciser: «Notre ambition n’est pas le rétablissement de la France coloniale car nous savons que cette époque est révolue, mais nous ne comprenons pas la politique suivie par notre président dans le continent africain. Aujourd’hui le Niger, hier le Mali et la Centrafrique puis le Burkina Faso, tous ont rejeté la France, les forces françaises et les entreprises françaises».

Après l’échec de l’opération Barkhane, poursuivent les parlementaires dans leur lettre, les milices Wagner, qui se soucient peu des droits de l’Homme et de la démocratie, se mettent à la disposition de tous les dirigeants qui se maintiennent au pouvoir et liguent les populations contre l’ancienne puissance coloniale. Aussi, des manifestations et des actes anti-français se propagent-ils en Afrique subsaharienne, dans des pays qui étaient pourtant proches de la France, comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal.

Par Hassan Benadad
Le 14/08/2023 à 19h51