Bien que le Conseil de gouvernement ait déjà entériné le projet de loi relatif à leur profession, les avocats s’y opposent fermement. Regroupés au sein de l’Association nationale des barreaux du Maroc (ANBM), ils estiment que le texte du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, porte atteinte à l’indépendance du métier, y voyant une «étatisation» de la profession. Si aucune modification n’est apportée au projet de loi, les robes noires prévoient d’observer prochainement une grève de trois jours et des sit-in.
Maître Loubana Srhiri du barreau de Casablanca a exprimé, à l’instar de ses confrères, son opposition au projet de loi.
D’après elle, la profession traverse une crise profonde de justice et de valeurs. L’avocate dénonce une intention délibérée de réduire au silence ceux qui portent la voix des opprimés. Elle insiste particulièrement sur cette volonté de «faire taire l’avocat» et de le reléguer au second plan du système judiciaire.
«Le rôle de l’avocat est central et essentiel à la réalisation de la justice, du respect des droits et des libertés. Avec ce texte, on veut le réduire à de simples procédures administratives. Lorsque l’avocat est affaibli, c’est un pilier important de l’État et de la loi qui s’affaiblit».
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Par ailleurs, l’avocate a exhorté ses confrères à suivre rigoureusement le calendrier de mobilisation fixé par l’Association des Barreaux. «Si nous n’exerçons pas de pression, le texte sera adopté par une majorité confortable<;»
Face à cette opposition, le gouvernement s’est déclaré «ouvert au dialogue». Lors de son point de presse du 8 janvier, Mustapha Baitas, porte-parole du gouvernement, a confirmé l’approbation du projet de loi relatif à la profession d’avocat. Il a toutefois tempéré cette annonce en soulignant que le texte, encore perfectible, restait ouvert à des ajustements par le biais du dialogue.







