Pluies diluviennes dans le nord: l’Intérieur convoque une réunion d’urgence

Mustapha Baitas, porte-parole du gouvernement. (Y.Mannan/Le360)

Le 29/01/2026 à 17h05

VidéoLes fortes précipitations enregistrées ces dernières semaines ont provoqué d’importants dégâts dans plusieurs provinces du nord du Royaume, notamment à Larache. Face à la situation, le ministère de l’Intérieur réunit en urgence l’ensemble des départements concernés pour renforcer les dispositifs d’intervention.

Suite aux fortes pluies qui ont causé des dégâts dans le nord du pays, en particulier à Larache, une réunion d’urgence se tiendra vendredi au ministère de l’Intérieur, sous la présidence de Abdelouafi Laftit, a-t-on appris de source officielle.

Interrogé à ce sujet lors de son point de presse hebdomadaire de jeudi, le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, a assuré que «le gouvernement suit la situation des dégâts» causés par les fortes précipitations, notamment dans la province de Larache. Il a précisé que la réunion convoquée par le ministre de l’Intérieur rassemblera les différents secteurs concernés afin de prendre «toutes les mesures nécessaires avec la mobilisation de tous les moyens possibles».

Sur le plan météorologique, Mustapha Baitas a indiqué que, sur une période d’un mois et demi, les précipitations ont atteint une moyenne nationale de 138,5 mm, soit un excédent de plus de 142% par rapport à la même période de l’année dernière. «Parallèlement, cette moyenne a également enregistré un excédent de plus de 32% par rapport à la moyenne nationale habituelle», a-t-il ajouté.

Le Royaume a également connu d’importantes chutes de neige. La superficie actuellement couverte par la neige dépasse les 55.400 km² à l’échelle nationale, avec des épaisseurs allant d’un à deux mètres au-delà de 2.500 mètres d’altitude.

Concernant les barrages, le porte-parole du gouvernement a précisé que les apports hydriques enregistrés entre le 1er septembre 2025 et le 28 janvier 2026 ont atteint 5,9 milliards de mètres cubes. Sur ce total, 5,4 milliards de mètres cubes ont été collectés durant la seule période du 12 décembre au 28 janvier, soit 92,76% des apports cumulés depuis le début de la saison hydrologique.

Ces volumes représentent un excédent de 35% par rapport à la moyenne annuelle et une hausse spectaculaire de 330% comparativement à la même période de l’année précédente. Le taux de remplissage des barrages s’est, lui aussi, nettement amélioré, passant de 31,1% le 12 décembre 2025 à plus de 55,25% au 28 janvier. Avec un stock hydrique de 9,26 milliards de mètres cubes, un tel niveau n’avait plus été atteint depuis juillet 2019, alors qu’à la même date l’an dernier, le taux de remplissage avoisinait 27%.

Mustapha Baitas a enfin souligné que les bassins hydrauliques du Royaume confirment que «le taux de remplissage de nombreux grands barrages a atteint 80%, tandis que d’autres barrages ont évacué leur surplus après avoir atteint les 100%».

Si ces pluies exceptionnelles redonnent de l’oxygène aux réserves hydriques du pays après plusieurs années de stress hydrique, elles rappellent aussi la vulnérabilité de certains territoires face aux aléas climatiques. Entre gestion de l’urgence et anticipation structurelle, l’État est désormais attendu sur sa capacité à transformer cet épisode extrême en leçon durable.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 29/01/2026 à 17h05