Le processus de finalisation des textes d’application de la loi n° 81.12 relative au littoral entre dans sa phase active. Le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable a amorcé la publication des décrets nécessaires à l’exécution du Plan national du littoral (PNL), un outil de planification essentiel pour une gestion intégrée et raisonnée des zones côtières.
S’exprimant à l’occasion de la réunion de la commission nationale de la gestion intégrée du littoral, le mercredi 25 février, Leila Benali a souligné l’ancrage de cette thématique au rang des priorités stratégiques nationales. La ministre a révélé que son département a finalisé deux projets de décret majeurs. Le premier porte sur la fixation des valeurs limites des rejets liquides en mer, tandis que le second encadre le régime des redevances, le registre de suivi, ainsi que les modalités de délivrance et de renouvellement des autorisations d’exploitation du sable et des matériaux extraits des bandes dunaires. Ces deux textes sont actuellement soumis à l’expertise du Secrétariat général du gouvernement (SGG).
Benali a rappelé la richesse et la vulnérabilité du patrimoine côtier national. Avec ses 3.500 kilomètres de côtes, répartis entre la façade atlantique et méditerranéenne, le littoral marocain abrite des systèmes écologiques d’une grande diversité. Véritable poumon économique, il concentre plus de la moitié de la population et contribue à hauteur de 83% au produit intérieur brut national.
Cependant, la ministre a mis en garde contre la fragilité intrinsèque de ces zones, soumises à des pressions croissantes — démographique, sociale et économique — désormais exacerbée par les effets du dérèglement climatique. Face à ce constat, l’adoption d’une approche intégrée s’impose, articulée autour d’une gouvernance renforcée et d’une meilleure coordination des politiques sectorielles.
Élaboré selon une approche participative et approuvé en 2022 pour une décennie, le PNL constitue la feuille de route de cette ambition. Il décline des orientations stratégiques claires pour la protection, la restauration et la préservation du littoral, via une mise en œuvre transversale impliquant plusieurs stratégies et plans sectoriels.
En conclusion de son intervention, Leila Benali a plaidé pour l’élargissement du périmètre des zones maritimes protégées à 30 %, note Al Akhbar. Un tel objectif, a-t-elle argumenté, pourrait accroître la biomasse halieutique de près de 500%. Cette mesure, en renforçant la durabilité des ressources, offrirait une visibilité accrue au secteur de la pêche tout en générant une valeur ajoutée significative au bénéfice des communautés côtières.








