Inondations dans le Gharb et le Loukkos: voici comment les FAR sont intervenues sur le terrain

Mobilisation totale des autorités après les inondations à Ksar El Kébir.

C’est tout un dispositif de sauvetage, d’évacuation et de soutien logistique qui a été mobilisé par les Forces armées royales pour venir en aide aux populations qui ont été touchées par les inondations dans le Gharb et le Loukkos. Les détails.

Le 05/03/2026 à 09h14

Dès les premières alertes météo, une mobilisation coordonnée a été enclenchée. Plusieurs unités ont été déployées pour intervenir dans les zones touchées par les fortes précipitations et la montée rapide du niveau des oueds Loukkos et Sebou.

C’est ainsi que dans les zones submergées, les Forces armées royales (FAR) ont engagé un module de sauvetage inondations. Composé de personnel spécialisé en recherche et sauvetage aquatique, relevant de la 1ère Unité de sauvetage et de secours (USS) et de la Marine royale, ce dispositif dispose de moyens d’intervention adaptés, notamment des bateaux rigides et pneumatiques ainsi que des équipements de plongée.

Ces équipes ont été dépêchées pour porter assistance aux habitants touchés par les inondations provoquées par les fortes précipitations et la montée du niveau des oueds Loukkos et Sebou. Les crues ont débordé de leurs lits, entraînant la submersion d’importantes portions de plaines et de plusieurs habitations dans les régions de Ksar El Kébir, Sidi Slimane, Sidi Kacem et Kénitra.

Plusieurs sauvetages reflètent la complexité des opérations menées sur le terrain. À Ksar El Kébir, les éléments du Génie militaire ont évacué une femme enceinte bloquée dans le douar Karya Mardiya. Transportée à bord d’un bateau de sauvetage vers Karya Ratbiya, elle a ensuite été confiée à une ambulance de la Protection civile. C’est à bord de ce véhicule qu’elle a donné naissance à deux jumeaux.

Parallèlement aux opérations de secours, les FAR ont activé un dispositif logistique pour accompagner les populations replacées. Le déploiement des modules du service de l’intendance s’est effectué en deux phases. Dans un premier temps, l’objectif consistait à assurer l’approvisionnement alimentaire des habitants déplacés et installés dans des camps aménagés par les autorités locales.

Trois modules autonomes ont été montés avec leurs cuisines mobiles, leurs boulangeries de campagne et leurs structures de stockage de denrées. Ces unités, composées de personnel technico-opérationnel et administratif, ont préparé et distribué environ 8.000 repas par jour durant les premiers jours de l’intervention. Une grande partie de ces repas a été distribuée directement dans les zones identifiées par les autorités territoriales.

Dans un second temps, avec la persistance du risque d’inondation, les moyens logistiques ont été dirigés vers la ville de Larache. À l’entrée de la ville, un camp capable d’accueillir près de 10.000 personnes a été installé pour héberger les habitants évacués.

Les modules d’intendance y ont été renforcés par trois boulangeries autonomes capables de produire chacune 10.000 pains par jour. Outre la restauration, ce dispositif prend également en charge l’hébergement, la distribution de vêtements adaptés aux intempéries et l’installation d’équipements sanitaires. Des cabines d’hygiène ont été mises en place, accompagnées d’opérations de désinfection et de dératisation afin de maintenir de bonnes conditions sanitaires dans les zones d’accueil.

Et dans le cadre de l’évacuation des populations des zones dangereuses, les FAR ont contribué activement à l’évacuation des populations vers des zones sécurisées. Outre les camions et engins tout-terrain mobilisés, les militaires ont procédé à des évacuations à dos d’homme de personnes âgées, de femmes et d’enfants isolés, lorsque l’accès aux habitations devenait difficile.

Les bateaux rigides ont également joué un rôle déterminant pour atteindre certaines zones encerclées par les eaux.

En complément de ces interventions, les FAR ont mis en place un détachement d’intervention appuyé par une antenne médicale et du personnel logistique. Des moyens importants de travaux publics ont été engagés, ainsi que des véhicules d’enlèvement de type wrecker, des camions de dépannage lourds destinés au remorquage, au levage et au dégagement de véhicules immobilisés ou accidentés.

Ces équipements ont permis d’intervenir dans des secteurs difficiles d’accès, où les routes et certaines infrastructures ont été endommagées ou submergées par la montée des eaux.

Par Hajar Kharroubi
Le 05/03/2026 à 09h14