Le partenariat entre Rabat et Bruxelles franchit un nouveau palier, tant sur le plan politique que financier. Lors d’un point presse tenu ce mardi 17 février dans la capitale, l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Maroc, Dimiter Tzantchev, a scellé le nouvel élan de cette relation stratégique. En ligne de mire: une adhésion renforcée au plan d’autonomie pour le Sahara et un engagement record de la Banque européenne d’investissement (BEI).
Le message de Bruxelles est désormais dénué d’ambiguïté. S’appuyant sur les conclusions du dernier Conseil d’association Maroc-UE, Dimiter Tzantchev a confirmé que l’Union considère l’initiative marocaine d’autonomie comme l’option la plus crédible pour mettre fin au différend régional. Cette mise à jour de la doctrine européenne s’aligne sur la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU et reflète une dynamique amorcée individuellement par une majorité d’États membres.
Le diplomate a souligné que cette évolution répond à la «priorité absolue» du Royaume. En qualifiant l’autonomie de «socle d’une issue définitive», l’UE sort d’une neutralité prudente pour embrasser une solution politique pragmatique, actant ainsi une tendance de fond qui redessine les équilibres diplomatiques dans la région.
Sur le front économique, le «bras financier» de l’Europe passe à la vitesse supérieure. Adrien de Bassompière, représentant de la BEI, a dévoilé une montée en puissance spectaculaire des engagements de l’institution. Avec 500 millions d’euros injectés en 2024 — une hausse de 56% en un an — et une enveloppe record de 740 millions d’euros attendue pour 2025, la banque européenne s’impose comme le moteur du développement des infrastructures marocaines.
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L’engagement de la BEI se déploie sur plusieurs fronts stratégiques, avec une priorité marquée pour la reconstruction de la région d’Al Haouz, où un milliard d’euros a été mobilisé pour la réédification d’écoles, d’hôpitaux et de routes.
Au-delà de l’urgence, la stratégie d’investissement cible la pérennité économique du pays. Le financement des PME capte 40% des ressources, suivi de près par les énergies vertes et les transports durables. En 2025, l’accent est particulièrement mis sur la sécurité hydrique, avec une dotation de 70 millions d’euros pour le renforcement de l’accès à l’eau potable. Par ce déploiement massif, l’Europe ne se contente plus d’être un partenaire commercial, elle devient un acteur structurel de la résilience marocaine.








