Vols annulés, appels au dialogue, poursuite des opérations... ce que l’on sait sur l’escalade au Moyen-Orient

De la fumée s’élève au-dessus de la base aérienne d’Al Udeid, à Doha, le 28 février 2026, après une frappe iranienne signalée. AFP or licensors

Après les frappes américano-israéliennes contre l’Iran et la riposte de Téhéran, la communauté internationale s’active. L’ONU a convoqué une réunion d’urgence, les dirigeants régionaux ont appelé à la désescalade et le trafic aérien a été fortement perturbé.

Le 28/02/2026 à 16h06

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira samedi à 21H00 GMT pour évoquer la situation au Moyen-Orient après l’opération militaire lancée par Washington contre l’Iran, a annoncé l’ONU.

Des appels à un «arrêt immédiat» de l’escalade en cours

Cette réunion se tiendra à l’initiative de la France et du Bahreïn, a indiqué la mission israélienne à l’ONU. Antonio Guterres, le chef de l’institution internationale, a condamné «l’escalade» dans la région et appelé à «l’arrêt immédiat des hostilités».

L‘émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani et le dirigeant de Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed ben Salmane, ont, eux aussi, appelé samedi à stopper l’escalade au Moyen-Orient.

Lors d’un appel, «les deux parties ont souligné la nécessité d’un arrêt immédiat de toute action menant à l’escalade et d’un retour à la table du dialogue afin de préserver la sécurité régionale et d’éviter une dérive vers de plus vastes confrontations», a indiqué dans un communiqué le bureau de l’émir qatari.

Le président français Emmanuel Macron présidera un Conseil de défense samedi à 17H00 GMT sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, après les frappes israélo-américaines sur ce pays et la riposte de Téhéran, a annoncé l’Élysée.

Il avait assuré auparavant sur X que «toutes les mesures sont prises» pour la sécurité de la France, ainsi que de ses compatriotes et des «emprises» militaires au Moyen-Orient. Elle se tient «prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation», a-t-il alors aussi précisé.

Des avions britanniques participent à des opérations «défensives» au Moyen-Orient

Des avions de combat britanniques sont «dans le ciel» samedi pour des «opérations défensives régionales coordonnées visant à protéger notre peuple, nos intérêts et nos alliés», a annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer.

Dans sa première réaction publique à l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, qui a provoqué en réponse des tirs de missiles iraniens vers plusieurs pays voisins, le dirigeant britannique a estimé que cette opération était «conforme au droit international». Il a fait ces commentaires dans une brève allocution télévisée, après avoir tenu une réunion d’urgence avec plusieurs de ses ministres et des responsables de la sécurité sur l’évolution du conflit au Moyen-Orient.

Annulations de vols en série

Les frappes lancées par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont entraîné samedi l’annulation en cascade de vols vers plusieurs destinations du Moyen-Orient, plusieurs compagnies ayant suspendu leurs liaisons en raison de la fermeture de nombreux espaces aériens dans la région.

«En raison de la situation sécuritaire à destination», Air France a annulé ses vols samedi vers Tel-Aviv et Beyrouth, a déclaré la compagnie à l’AFP. Elle a ensuite élargi ses annulations à Dubaï et Ryad samedi, et vers Tel-Aviv dimanche.

Lufthansa, l’un des plus grands groupes européen, a supprimé ses vols depuis et à destination de Tel Aviv, Beyrouth, Amman, Erbil et Téhéran jusqu’au 7 mars. En outre, les compagnies aériennes du groupe suspendront leurs vols à destination et en provenance de Dubaï et d’Abu Dhabi jusqu’à dimanche, a indiqué Lufthansa dans un communiqué, évoquant «la situation actuelle au Moyen-Orient».

La compagnie aérienne suisse Swiss qui fait partie du groupe Lufthansa a annoncé suspendre ses vols de et vers Tel-Aviv jusqu’au 7 mars. British Airways suspend pour sa part ses vols vers Tel-Aviv et Bahreïn jusqu’au 3 mars inclus. Norwegian a suspendu ses vols vers et en provenance de Dubaï jusqu’au 4 mars inclus.

La compagnie aérienne turque Turkish Airlines, qui dessert un très grand nombre de destinations dans la région, a suspendu ses vols vers dix pays du Moyen-Orient. «Les vols à destination du Liban, de la Syrie, de l’Irak, de l’Iran et de la Jordanie ont été annulés jusqu’au 2 mars», a écrit le porte-parole Yahya Ustun sur le réseau social X, tandis que les vols à destination du Qatar, du Koweït, de Bahreïn, des Émirats arabes unis et d’Oman sont suspendus pour la journée.

La compagnie aérienne indienne Air India a décidé de suspendre tous ses vols vers toutes les destinations au Moyen-Orient. La Russie a suspendu ses vols vers l’Iran et Israël jusqu’à nouvel ordre. De nombreux espaces aériens sont fermés dans la région dont ceux du Qatar, de l’Irak, du Koweït, de Bahreïn et partiellement des Emirats arabes unis.

D’importants moyens déployés

Rappelons que Donald Trump a annoncé que les États-Unis avaient lancé des «opérations de combat majeures» contre l’Iran et appelé le peuple iranien à «s’emparer» du pouvoir.

Il avait menacé à de multiples reprises Téhéran d’intervention militaire si les discussions en cours n’aboutissaient pas à un accord sur le programme nucléaire iranien.

Washington a déployé actuellement au Moyen-Orient navires et avions de guerre par dizaines. Et dispose aussi de dizaines de milliers de soldats dans des bases militaires à travers la région.

Par Le360 (avec AFP)
Le 28/02/2026 à 16h06