Plusieurs villes ukrainiennes dont Kiev, la capitale, ont été la cible d’attaques russes tôt jeudi, à quelques heures de nouvelles discussions américano-ukrainiennes en Suisse pour tenter de mettre fin à la guerre.
Plusieurs explosions ont été entendues au cours de la nuit dans le centre de Kiev par une journaliste de l’AFP. D’après le chef de l’administration militaire locale, Tymour Tkatchenko, «des drones d’attaque et des missiles balistiques» ont visé la capitale. Trois districts ont été touchés, a rapporté à l’aube le maire de Kiev, Vitali Klitschko, sur Telegram. Des débris ont notamment endommagé un immeuble d’habitation de neuf étages mais sans faire de blessés, selon la même source.
Une multitude d’autres grandes villes ont été ciblées dans la nuit au point que, dans le même temps, la Pologne, voisine de l’Ukraine, a mobilisé son aviation pour sécuriser son espace aérien.
À la veille des discussions, les présidents Volodymyr Zelensky et Donald Trump se sont entretenus au téléphone.
«Nous avons discuté des questions que nos représentants aborderont demain (jeudi) à Genève au cours de la réunion bilatérale», a dit M. Zelensky, «ainsi que des préparatifs pour la prochaine réunion des équipes de négociation au complet, qui se déroulera en format trilatéral au tout début du mois de mars» avec la Russie.
«Nous attendons de cette réunion qu’elle crée une occasion de porter les discussions au niveau des dirigeants», a ajouté le chef de l’État ukrainien.
L’entretien entre les deux hommes a duré «environ 30 minutes», selon le conseiller de la présidence ukrainienne Dmitro Lytvyn.
M. Zelensky a précisé que «les envoyés du président Trump Steve Witkoff et Jared Kushner étaient également dans la conversation».
Ces deux émissaires rencontreront jeudi à Genève le négociateur ukrainien Roustem Oumerov.
L’émissaire du Kremlin pour les questions économiques, Kirill Dmitriev, a aussi prévu de se rendre jeudi à Genève «afin de poursuivre les négociations avec les Américains sur le volet économique», selon une source citée mercredi par l’agence d’État russe Tass.
M. Dmitriev a rencontré les deux envoyés américains à plusieurs reprises pour évoquer les négociations portant sur une sortie du conflit en Ukraine.
Échange de prisonniers
Washington fait pression pour mettre fin à la guerre, déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, le pire conflit armé en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, avec des centaines de milliers de morts et de blessés, des millions d’Ukrainiens réfugiés à l’étranger et des destructions massives, notamment dans l’est et le sud de l’Ukraine.
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Plus tôt mercredi, Volodymyr Zelensky avait précisé que les discussions de jeudi allaient également porter sur le plan économique de «redressement» de l’Ukraine et la préparation d’un nouvel échange de prisonniers de guerre entre Kiev et Moscou.
Le président ukrainien souhaite une rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine pour résoudre les points clés des pourparlers, ce à quoi le dirigeant russe s’est jusqu’à présent refusé.
Les négociations, sur la base d’un plan américain dévoilé fin 2025, bloquent notamment sur le sort du Donbass, le grand bassin industriel de l’est de l’Ukraine: Moscou réclame que les forces ukrainiennes se retirent des zones qu’elles contrôlent encore dans la région de Donetsk, ce que Kiev refuse.
«Le président (Donald) Trump soutient cette série d’étapes. C’est le seul moyen de régler toutes les questions complexes et sensibles et d’enfin mettre fin à la guerre», a déclaré M. Zelensky.
La réunion américano-ukrainienne de jeudi vise à «explorer différentes voies sur la manière dont nous pourrions parvenir à un accord de paix», avait expliqué mardi Steve Witkoff.
Genève avait accueilli à la mi-février un précédent cycle de pourparlers entre Ukrainiens et Russes sous médiation américaine, qui n’a débouché sur aucun résultat tangible autre qu’un nouvel échange de prisonniers.
Ces échanges sont, depuis le lancement de l’offensive russe, l’une des rares avancées concrètes issues des contacts entre les deux belligérants.
Marquant mardi les quatre ans du début de l’invasion russe de l’Ukraine, M. Zelensky s’était félicité que Vladimir Poutine n’ait «pas atteint ses objectifs» de guerre ni «brisé les Ukrainiens» malgré les combats à haute intensité et les bombardements quotidiens du pays par Moscou.











