Maroc, Algérie, Iran: et si la diplomatie venait à nous surprendre?

Rachid Achachi.

ChroniqueLe retour de Donald Trump à la Maison Blanche pourrait enclencher nombre de changements sur les plans géopolitique et diplomatique, que ce soit en Ukraine, au Proche-Orient ou même dans le Maghreb. Je me force à croire que quelque chose de bon pourrait en ressortir, pour notre bien autant que pour celui de la région. Et n’est-ce pas quand tout va mal que l’on a le plus besoin de diplomatie?

Le 28/11/2024 à 11h00

Les choses bougent, et pas qu’un peu, depuis la récente victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines.

Sur le dossier ukrainien, le président élu vient de nommer l’ancien général Keith Kellogg émissaire pour l’Ukraine et la Russie. Fidèle parmi les fidèles, ce dernier aura la tâche ardue et délicate d’obliger les deux belligérants à se mettre autour de la table des négociations, afin d’obtenir une paix, «par la force», selon l’expression de Trump. Une formulation certes lapidaire, mais que les détails semblent légèrement nuancer, puisqu’il sera question de repousser sine die le projet d’adhésion de l’Ukraine à l’Otan, condition sine qua non pour obtenir la participation du président russe Vladimir Poutine.

Côté ukrainien, il n’est désormais plus question de retourner aux frontières de 1991, puisque le ministre ukrainien des Affaires étrangères a récemment affirmé que l’Ukraine se contentera des frontières du 22 février 2022 comme point de départ, c’est-à-dire sans la Crimée et une partie importante du Donbass. Donc seules l’administration partante de Biden et la composante européenne de l’Otan semblent vouloir encore nourrir l’escalade de manière hystérique, au risque de mettre en danger la stabilité et la paix mondiale.

Du côté du Proche-Orient, le cessez-le-feu qui a débuté hier entre Israël et le Hezbollah pourrait être un prélude, espérons-le, à une cessation des hostilités côté israélien, autant à Gaza qu’au Liban, mettant ainsi fin aux attaques en cours dans la bande de Gaza.

Maintenant, qu’en est-il de notre région, le Maghreb? Là aussi, il y a du nouveau.

Selon certaines rumeurs, non encore confirmées, des pourparlers entre Rabat et Téhéran pourraient se tenir, ou se tiennent déjà officieusement, grâce à la médiation de l’Arabie saoudite. Si cela venait à se confirmer, la finalité de ces derniers serait de lever les barrières empêchant une reprise des relations diplomatiques entre les deux pays. Il s’agit là bien entendu du soutien apporté par l’Iran au Polisario. Si cela venait à aboutir, ce serait certainement une bonne nouvelle pour les deux pays et pour la stabilité dans la région.

D’autant plus que certains signes laissent à penser que nous nous dirigeons vers cette perspective, comme la récente rencontre entre les ministres des Affaires étrangères iranien et algérien au Portugal, durant la 10ème édition du Forum de l’Alliance mondiale des civilisations. En effet, selon un communiqué publié par la diplomatie iranienne, les deux ministres ont naturellement plaidé pour un renforcement des relations entre les deux pays, tout en parlant au passage du Proche-Orient. Mais l’éléphant dans la pièce était indiscutablement le Polisario et la question du Sahara, qui n’ont à aucun moment été mentionnés par le ministre iranien. Pourtant, l’occasion s’y prêtait parfaitement. Cela semble de bon augure, et indique peut-être un revirement de l’Iran sur cette question. Le temps nous le dira. Mais ce qui est sûr, c’est que si nous arrivons à rétablir les relations diplomatiques avec l’Iran tout en le coupant du Polisario, cela reviendra à isoler davantage le régime algérien dans son aventurisme.

«La géographie nous impose ses règles et, tôt ou tard, il faudra trouver une solution à cet antagonisme faux et artificiel avec l’Algérie, qui n’a que trop duré.»

Qu’en est-il justement de l’Algérie? Rien de nouveau sous le soleil, sinon toujours plus de provocations et d’hostilité, à l’image de la récente mascarade communicationnelle autour de la soi-disant indépendance du Rif, à laquelle ont participé des représentants de partis politiques de grandes puissances géopolitiques mondiales comme le Mozambique. Face à ce genre d’esbroufe, que je ne peux même pas qualifier de propagande, seul le sarcasme est de mise.

Quoiqu’il en soit, la géographie nous impose ses règles et, tôt ou tard, il faudra trouver une solution à cet antagonisme faux et artificiel qui n’a que trop duré. Surtout qu’avec les récentes percées diplomatiques du Maroc et la victoire de Trump, la marge de manœuvre de l’Algérie rétrécit comme une peau de chagrin, et un dialogue devra tôt ou tard être entamé.

L’initiative doit-elle venir de nous ou d’eux? Peu importe, ai-je envie de dire, pourvu que l’on puisse discuter en gens civilisés et trouver des compromis qui prennent en compte les intérêts des uns et des autres, sans faire perdre la face à aucune des parties prenantes. Il en va de notre potentiel de développement et de la stabilité politique de la région tout entière.

Récemment, notre ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a mis en garde contre les intentions bellicistes de l’Algérie, en évoquant le désir de l’Algérie de déclencher une guerre dans la région et une confrontation militaire avec le Maroc. Un message qu’il s’agit bien entendu d’acter et de prendre très au sérieux. Mais n’est-ce pas là aussi le bon timing pour tenter, de manière audacieuse, d’enclencher une nouvelle dynamique diplomatique, par exemple avec la médiation d’un pays comme la Chine ou la Russie? La perspective vaut la peine d’être explorée. D’autant que nous n’avons rien à perdre et tout à gagner. Quant à l’Algérie, son éventuel refus de ce genre d’initiative ne fera que confirmer ce que l’on sait déjà, c’est-à-dire sa volonté de maintenir en vie ce conflit pour des raisons de politique intérieure et de manque de légitimité du régime.

Mais je me force à croire que quelque chose de bon pourrait en ressortir, pour notre bien autant que pour celui de la région. Et n’est-ce pas quand tout va mal que l’on a le plus besoin de diplomatie? Comme disait, non sans ironie, le grand Sacha Guitry: «Les diplomates, ça ne se fâche pas, ça prend des notes.»

Par Rachid Achachi
Le 28/11/2024 à 11h00

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La manière de renverser le régime algérien consiste à suivre l'exemple des États-Unis dans leur confrontation avec l'URSS au siècle dernier, car ce régime a des liens profonds avec l'ex-Union soviétique. Cela nécessiterait avant tout que le Maroc dépasse l'Algérie dans tous les domaines de l'activité humaine, non pas de manière marginale, mais de façon significative et sur une grande échelle. Ma crainte est que l'establishment "bshwiya-bishwiya" et les forces nationales de la nation n'aient pas développé une vision économique capable d'améliorer radicalement les conditions de vie des Marocains, dont l'IDH est inférieur à celui des Algériens ! Il n'y aura pas de victoire sur l'Algérie tant que l'Algérien moyen ne prendra pas conscience de la dureté de son destin, un constat qu'il ne pourra

Le passé et le futur du régime actuel en algerie est écrit dans l instabilité régionale.L élaboration de la paix signifie la réorientation des projecteurs du peuple sur les malheurs et le désastre causé par l armée à son peuple durant toute la période du gouvernorat...l unique chance qui puisse favoriser l apparition d une genèse de stabilité c est la disparition des vieux généraux ces va t en guerre, et l arrivée d une génération avec un autre projet global et rationnel. Poutine ne cédera pas dans le contexte actuel, la chine aussi, Trump peut forcer verbalement les cadenas mais restera prudent....sans un coup d état l algerie campera sur ses illusions jusqu'à la dernière minute

pour réaliser son rêve, la 1ére chose à faire est de se réveiller.

Il est nécessaire de traiter ce litige et cette problématique sous une perspective génético-historique. De qui ou plutôt de quoi est constituée cette entité qui nous avoisine ? Que veut elle et qui est t elle ? Un ramassis d’ascendants d’européens centraux, ottomans …. Incapables de se vivre et se penser en tant qu’Etat Nation. Il est urgent que le royaume mobilise son ministère d’ éducation, d’information et culturel. La main tendue royale connaît des limites. Celle du substrat marocains qui s’ignorent de l’ouest algérien et de l’est marocain. Ces gens nous connaissent, une partie de leurs âmes a été violée et paradoxalement c’est eux qui nous trahissent et nous haïssent. Prêter allégeance à la junte militaire est ce renier son ipséité et cracher sur son voisin ?

Que négocier avec l'Iran ? l'abandon de son soutien au polisario? Au contraire , par les temps qui s'annoncent , un soutien même présumé , serait pour l'Algérie , se mettre une plus grosse cible sur le dos et un motif de sanctions alors qu'ils devront jouer profil bas le temps d'évaluer la tempête qui s'annonce. Du coup qu 'aurait à gagner le Maroc. , à part une reddition en bonne et due forme sur ses thèses son sahara , histoire d isoler le pouvoir d'Alger. Du côté Maroc, il peut offrir un canal sage et écouté de communication dans un monde dangereux

Pour résoudre ce problème , il faut d'abord comprendre leur mentalité .En effet , le Maroc leur a toujours tendu la main et l'ont toujours interprétée comme une faiblesse .Malheureusement, plus on maintiendra cette modération tolérante , plus leur côté pulsionnel atteindra le spike jusqu'au déclenchement de l'irréparable !Leur histoire est faites d'humiliations et ils sont constamment à la recherche d'une victoire même imaginaire pour redorer leur narcissisme .Ce genre de faille s'exprime souvent par une pseudo domination comme : des menaces militaires, des insultes , du vol de notre patrimoine , de notre histoire .Tous ceux-ci cache un véritable malaise que nul ne pourra combler . le Maroc doit à mon avis faire taire ce comportement par une force dissuasive .

D'après M. Achachi, seuls Biden et l'Europe veulent encore "nourrir l’escalade de manière hystérique". Curieuse façon d'inverser les rôles après la guerre déclenchée par Poutine !! Certes, il faut impérativement que cette guerre s'arrête mais de là à en attribuer la poursuite à l'Europe, c'est un peu trop fort de café ! Sur ce dossier, comme sur les autres évoqués, il n'est pas certain que Trump fasse mieux que Biden. Surtout concernant les actes odieux commis par Israël vu la grande proximité entre Netanyahu et Trump. Je pense que M. Achachi a pris le parti de Trump depuis fort longtemps. C'est son droit, mais il ne faut pas être aveugle sur ce futur président américain sous prétexte qu'il soutient le Maroc.

le régime des séniles caporaux Ânegeriens ne survit que grâce au conflit comme le vampire qui aime le sang, tantôt avec la Lybie, tantôt le Mali, tantôt l'Espagne, tantôt la Tunisie, la Mauritanie, l'Égypte,..quand aux sempiternels conflits avec le Maroc depuis leur existence en 1962 et à moindre mesure avec leur progéniteur Francais, c'est devenu leur dogme, raison d'être, principe et religion. Leur survie en dépend.

Qu’attend exactement l’Iran du Maroc ? L'Iran avait précédemment annoncé le gel de ses relations avec le Polisario et n'a pas tenu sa promesse. Cela signifie que la confiance est absente

Les régimes dictatures mafieux pas de confiance ils faut être plus voyou que voyou avec les lâches

Je trouve l’analyse de Monsieur Achachi très pertinente ! En effet, nous avons à résoudre une équation qui comprend trois éléments indépassables : 1- le Maroc ne renoncera jamais à sa souveraineté sur ce territoire.c’est une question existentielle pour lui. 2-le règlement définitif de ce conflit nécessitera,que l’on veuille ou non,la collaboration du voisin.3- le recours à la force sera fatal pour toute la région,qui sera plongée dans un chaos total . Ainsi, les négociations s’imposent comme seul moyen d’aboutir à une solution définitive . Mais, tout laisse à penser qu’il faudra attendre l’arrivée au pouvoir à Alger de responsables " normalement constitués " pour pouvoir négocier sérieusement. Ceci étant, quand on a affaire à des adversaires pareils, il ne faut écarter aucune éventualité.

Le Sahara atlantique occidental africain mais Ô combien historiquement marocain N'EST PAS NÉGOCIABLE encore moins avec un fays de traîtres, ingrats, fourbes, voyous qui colonisent à ce jour nos autres Terres, villes et notre Sahara oriental, le Maroc avance en dépit de ce voisin de malheur, le seul perdant est le peuple algérien servile à souhait et qui s'accommode à cette dictature honnie par le monde entier. Wassalam

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