L’assaillant a été arrêté avant de pouvoir pénétrer dans la salle où se déroulait le dîner de l’association des correspondants de la Maison Blanche. Des coups de feu ont été échangés, selon la police. Un membre des forces de l’ordre a été touché, mais a été protégé par son gilet pare-balles.
«Ce n’est pas la première fois ces dernières années que notre République est attaquée par un assassin en puissance qui cherchait à tuer», a déclaré Donald Trump, encore en smoking, lors d’une conférence de presse donnée à la Maison Blanche environ deux heures après l’incident.
Face à lui, des journalistes en nœud papillon et en robe longue, qui, comme lui, s’étaient rendus à ce dîner annuel réunissant le gratin de la politique et des médias à Washington.
Il a estimé que l’assaillant, dont l’identité n’a pas été communiquée immédiatement dans sa prise de parole, était un «loup solitaire» et un «cinglé».
L’auteur présumé des tirs comparaîtra lundi devant la justice, ont annoncé les autorités américaines lors d’une conférence de presse.
Il sera inculpé de deux chefs d’accusation: le premier pour usage d’une arme à feu lors d’un crime violent, le second pour l’agression d’un agent fédéral à l’aide d’une arme dangereuse, a précisé la procureure de la capitale américaine, Jeanine Pirro.
La police de Washington a rapporté que, selon des informations préliminaires, le suspect avait réservé une chambre dans l’hôtel.
«Nombreuses armes»
Peu avant son point-presse, Donald Trump a diffusé sur son réseau Truth Social des images de caméras de sécurité montrant une personne se ruant à travers le portique de détection de métaux situé à l’entrée de la salle où se tenait le gala, tandis que plusieurs membres des forces de l’ordre dégainaient leurs armes.
«C’était, d’une certaine manière, très beau, vraiment une très belle chose que de voir un homme foncer sur un poste de contrôle de sécurité armé de plusieurs armes, et il a été neutralisé par quelques membres très courageux du Secret Service, qui ont agi très rapidement», a déclaré le président américain, en référence au service chargé de sa sécurité.
Selon la police, l’assaillant portait deux armes à feu et de nombreux couteaux. Il n’a pas été touché par balle lors de son arrestation.
L’hôtel Hilton de Washington, où devait se tenir le dîner finalement interrompu, n’est pas «un bâtiment particulièrement sûr», a critiqué Donald Trump.
Il a toutefois reconnu que le dispositif de sécurité «était très sûr», remarquant que le tireur avait été stoppé avant d’entrer dans la grande salle de réception où il se trouvait.
«À terre»
C’est devant cet hôtel que le président Ronald Reagan avait été blessé par balle en 1981 lors d’une tentative d’assassinat.
Le dîner annuel de l’association des correspondants à la Maison Blanche avait débuté depuis peu, selon les journalistes de l’AFP présents, quand une grande agitation s’est fait entendre aux portes de la salle.
Des cris de «À terre! À terre!» ont retenti.
Les convives se sont immédiatement allongés ou agenouillés au sol, beaucoup brandissant leurs téléphones pour filmer.
Des agents du Secret Service, le service de protection du président et de hauts responsables du gouvernement, sont alors entrés dans la salle, lourdement armés.
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Les forces de l’ordre ont ensuite ordonné aux invités, journalistes, ministres, responsables politiques et personnalités diverses, de quitter l’immense salle située au premier sous-sol de l’hôtel.
Sur une vidéo de l’AFP, on peut voir le président Trump assis à la table d’honneur, avec notamment le vice-président JD Vance et sa porte-parole Karoline Leavitt, ainsi que plusieurs journalistes, alors que retentissent des coups sourds qui ne suscitent, dans un premier temps, aucune réaction.
«Trump évacué»
Ce n’est qu’après quelques secondes que les convives semblent réaliser qu’un incident s’est produit, Melania Trump affichant un visage angoissé.
Des agents de sécurité lourdement armés interviennent alors très rapidement et évacuent le président vers la gauche de l’estrade. La musique d’ambiance s’arrête, tandis que d’autres agents enjambent la table et semblent tenir le public en joue.
L’association des correspondants à la Maison Blanche (WHCA) est l’organisatrice de ce grand raout politico-médiatique, qui réunit chaque printemps des centaines de personnes et auquel Donald Trump, qui attaque sans relâche la presse, assistait pour la toute première fois en tant que président.
Il a assuré samedi soir que l’événement serait reprogrammé.




