Autriche: Huit mois ferme pour un apprenti jihadiste de 14 ans

L'adolescent, d'origine turque, fêtera ses 15 ans lundi.

L'adolescent, d'origine turque, fêtera ses 15 ans lundi. . DR

La justice autrichienne a condamné ce mardi 26 mai, à deux ans de prison, dont huit mois ferme, un adolescent de 14 ans accusé d'avoir voulu faire exploser une bombe dans une gare de Vienne à l'automne pour le compte de Daech.

Le 26/05/2015 à 20h15

Le collégien d'origine turque, qui fêtera ses 15 ans lundi, répondait de "participation à une entreprise terroriste", lors d'une audience d'une matinée devant le tribunal de Sankt-Pölten, à 70 km à l'ouest de Vienne. Il avait notamment pris contact avec des correspondants de Daech à Vienne et cherché à fabriquer une bombe pour la faire exploser à la Westbahnhof, l'une des principales gares de la capitale autrichienne. Il voulait ensuite partir pour la Syrie.

Le jeune accusé, qui a reconnu les faits, s'exposait à une peine plafonnée à cinq ans de prison ferme en raison de son jeune âge. Il avait été arrêté une première fois en octobre 2014 à Sankt-Pölten, après que son entourage a alerté les autorités de sa radicalisation croissante. Libéré, il avait enfreint aux conditions de son contrôle judiciaire. Réincarcéré en janvier, il totalise déjà cinq mois de détention. Au cours de l'enquête, de nombreuses images extrêmement violentes de propagande de Daech ont été trouvées dans son ordinateur, son téléphone et sa console de jeux.

Une enfance sans père

Le jeune accusé, d'origine alévite, a commencé à épouser la cause du sunnisme radical début 2014. Selon son avocat, Me Rudolf Mayer, ce processus s'est engagé après qu'un professeur de religion a vivement critiqué, à l'école l'alévisme, un branche du chiisme.

Arrivé en Autriche en 2007, l'adolescent a "grandi sans père", a rappelé l'avocat. Placé dans une école pour élèves en grande difficulté, où "ses perspectives professionnelles sont quasiment inexistantes", "il a recherché la reconnaissance, l'appartenance à un groupe", a-t-il fait valoir."Vous imaginez le pouvoir d'une propagande qui dit à des jeunes dont l'existence apparaît vide de sens: «Tu peux faire quelque chose de bien et tu auras pour cela de l'argent et des femmes»?", a plaidé l'avocat.

Me Mayer s'est déclaré "satisfait" du verdict qui s'accompagne d'une mise à l'épreuve et d'une obligation de suivi.

Pénalement responsable

L'expertise psychiatrique a établi qu'en dépit d'un "manque de maturité", l'accusé était pénalement responsable de ses actes. Arrêté une première fois le 28 octobre, l'adolescent avait été relâché au bout de deux semaines en raison de son jeune âge. Mi-janvier, il avait toutefois fugué en compagnie d'un ami de 12 ans, avec qui il voulait rejoindre la Syrie. Les deux jeunes avaient disparu des radars pendant quatre jours avant d'être arrêtés dans un snack de Vienne le 16 janvier, après que la police a été alertée par la mère du suspect.

L'avocat général a relevé que durant l'instruction, l'adolescent n'avait exprimé "aucun sentiment de culpabilité". Me Mayer s'est toutefois montré "prudemment optimiste" quant à l'évolution de son client : "Il a commencé à développer son esprit critique, à réaliser qu'il n'avait qu'une vision très partielle des choses".

Plus de 200 personnes, dont des femmes et des mineurs, ont rejoint la Syrie et l'Irak depuis l'Autriche, selon les autorités. Quelque 70 suspects sont revenus dans le pays et plusieurs d'entre eux sont emprisonnés en attente d'

Le 26/05/2015 à 20h15